Le ministère de la Transition écologique a publié le 15 décembre l’arrêté qui définit les conditions d’homologation du boîtier permettant à des véhicules à essence de rouler aussi au superéthanol-E85, l’essence à 85 % d’éthanol. Une décision qui ouvre un marché de 10 millions de véhicules potentiellement utilisateurs d’E85.
La publication le 15 décembre au Journal officiel de l’arrêté qui définit le cadre réglementaire du boîtier permettant à des véhicules à essence de rouler à l’E85 devrait étendre le parc à « près de 10 millions de véhicules », a estimé la collective du bioéthanol, qui rassemble les producteurs de betteraves et de céréales ainsi que les industriels de l’éthanol.
Cet arrêté « permettra de démocratiser l’utilisation du superéthanol-E85 dans toute la France », a commenté le 18 décembre la Collective du bioéthanol. Le texte, très attendu, fixe un cadre règlementaire précis à l’installation du boîtier. Les dirigeants de deux fabricants de boîtiers s’en félicitent : cette publication « conforte notre expertise de plus de dix ans dans les boîtiers E85 : plus de 25 000 boîtiers garantis cinq ans, déjà posés par un réseau de 200 professionnels formés et un objectif de 1 000 partenaires d’ici fin 2018 », a commenté Sébastien Le Pollès, président de Flexfuel Energy Development (FFED), PME française, spécialiste des boîtiers flex-fuel. Pour Alexis Landrieu, gérant de la société Biomotors, qui détient un brevet, « la parution de l’arrêté permet la reconnaissance d’une expérience de 10 ans. Fabriqués en France, ces équipements sont adaptés à une large gamme de moteurs, notamment ceux de dernière génération à injection directe ».
L’assurance prise en charge par le fabricant
Cet appareil adapte automatiquement le fonctionnement du moteur au contenu en éthanol du carburant qu’il analyse en continu et permettra ainsi à des voitures à essence de devenir flex-fuel, c’est-à-dire de rouler indifféremment au SP95, SP98, E10 (essence à 10 % d’éthanol) ou E85 dans le même réservoir et dans n’importe quelle proportion. Il peut être installé sur les véhicules (auto ou moto) qui acceptent l’E10, ce qui est le cas des véhicules construits après 2000.
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La collective du bioéthanol précise que l’automobiliste qui veut installer un tel boîtier n’a pas à craindre de se voir opposer une réticence de son garagiste à propos de la couverture par l’assurance : celle-ci est prise en charge par le fabricant de boîtier. « Dans les faits, la garantie du fabricant n’a jamais été sollicitée par les automobilistes », précise-t-on.
Ces boitiers sont adaptés à une large gamme de moteurs, notamment ceux de dernière génération à injection directe
En moyenne 500 € d’économie par an avec l’E85
Moins taxé « car plus écologique », l’E85 « est le carburant le moins cher du marché », a indiqué la collective. Il permet d’économiser 500 € par an en moyenne pour 13 000 kilomètres parcourus par rapport à l’E10. En décembre 2017, l’E85 est vendu à la pompe en moyenne à 0,67 € le litre contre 1,29 €/l pour le gazole, 1,40 €/l pour l’E10 et 1,48 €/l pour le SP98, a rappelé la collective, citant les données gouvernementales (source : www.prix-carburants.gouv.fr).