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Edito Ethique et avenir

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La FNSEA va susciter la création d'un comité d'éthique pour mieux intégrer ses positions, ses problématiques et ses réflexions dans le cadre de la société d'aujourd'hui. Bonne idée, d'ailleurs déjà un peu à l'œuvre dans l'action de Passion céréales, une des branches de Céréaliers de France qui avait fait plancher des hommes de sciences, sciences dites « dures » et humaines.

Mais c'est une idée dont il faut tirer toutes les conséquences. Pas seulement y déceler un mode de communication adapté aux citadins. Pas seulement améliorer l'emballage pour délivrer le même produit. Et même, surtout pas. En tirer toutes les conséquences, cela veut aussi dire réfléchir au métier que l'on fait et à ses adaptations. Par exemple, pour l'agriculture, accepter davantage l'autonomie, moins dépendre des aides et de la protection de l'Etat. Cela, les agriculteurs savent qu'ils y seront contraints à l'avenir. Ce qu'on sait moins, c'est quelle forme prendra l'exploitation agricole dans ce nouveau contexte. Cela implique prendre davantage en main son propre développement, la construction de ses filières, mais avec quels moyens, non seulement financiers mais humains, techniques, logistiques.

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Autre réflexion, la ligne de partage entre l'agriculteur de production, souvent de taille de plus en plus grande, et l'agriculture qu'on dit aussi de conservation, ou paysanne. Ligne de partage, également, entre technologies modernes et traditions, celles-ci pas toujours moins exigeantes en savoir-faire de pointe. Comment convaincre la société de l'utilité des biotechnologies végétales ou animales ? En les maîtrisant, avant tout, en les utilisant pour ses propres objectifs, sans donner l'impression que l'agriculteur vend son âme à une entreprise basée à des milliers de kilomètres. Hervé Plagnol, rédacteur en chef