La France lancera « cette année une expérimentation sur l’étiquetage » des modes d’élevage, a annoncé Didier Guillaume le 28 janvier. Cet étiquetage s’appuiera sur un avis que le Conseil national de l’alimentation (CNA) devait rendre fin 2019, début 2020. En février 2019, le gouvernement a saisi le CNA en lui demandant de formuler des recommandations sur le « champ de l’expérimentation » (filières, animaux et denrées), ses « conditions de mise en œuvre » et les modes d’élevage visés. L’objectif, inscrit dans le mandat confié du CNA : « Garantir au consommateur la délivrance d’une information claire, compréhensible et contrôlable » sur les modes d’élevage. Cette expérimentation doit prendre en compte les plans de filière élaborés par les différentes interprofessions fin 2017.
D’après l’Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs (OABA), qui participe au groupe de concertation, l’avis devrait être rendu « courant 2020 ». « Des réunions de travail sont prévues pour les deux, trois prochains mois », indique son directeur Frédéric Freund. Mais ce projet risque de résumer à un « vœu pieux », craint l’ONG, car l’étiquetage « devra exclure toute mention relative aux phases de transport et d’abattage », indique un communiqué. Le 28 janvier, le ministre de l’Agriculture a pourtant répété qu’il souhaitait que cet étiquetage porte aussi sur l’abattage, sans parvenir à dissiper les doutes.
L’initiative française s’inscrit dans un cadre européen en construction : le 27 janvier, les ministres de l’Agriculture de l’UE ont majoritairement soutenu la proposition allemande de proposer un système européen d’étiquetage en matière de bien-être animal, « harmonisé et transparent » (1). Là aussi, le flou semble régner : « Les réunions préalables aux annonces du ministre relatives à la mise en place expérimentale d’un étiquetage du mode d’élevage au niveau européen n’ont levé que très peu de doutes sur les critères qui seront appliqués (densité, plein air, mode d’alimentation…) », déplore la Coordination rurale dans un communiqué du 29 janvier.
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(1) Voir même numéro
« Un vœu pieux », pour l’OABA