Abonné

Étiquetage du bien-être animal : l’Anses publie ses lignes directrices

- - 3 min

Pour évaluer le bien-être animal et l’afficher sur les produits alimentaires, l’agence sanitaire préconise de se fonder sur des indicateurs mesurables sur les animaux, et non sur les seules obligations de moyens.

Alors qu’un projet d’harmonisation est en cours d’étude au niveau européen, l’Anses a publié le 2 mai ses lignes directrices pour l’étiquetage du bien-être animal, dans lesquelles elle préconise de considérer « de façon prioritaire » des indicateurs mesurés sur les animaux, plutôt que des indicateurs de moyens généralement utilisés actuellement. « Avec les indicateurs fondés sur les animaux (1), c’est réellement le bien‑être de l’animal qui est évalué et non la perception que l’être humain en a », résume l’agence sanitaire dans son avis. En particulier, « l’indication du seul mode d’élevage sur une étiquette ne peut être assimilée à un étiquetage du bien-être animal », car il correspond seulement à « un potentiel » de bien-être animal. L’Anses, qui s’est autosaisie en septembre 2021, propose des dizaines d’indicateurs pouvant être mesurés sur les animaux et leur environnement dans six domaines : génétique, alimentation, environnement, santé, interactions comportementales et état mental.

Dans sa réflexion, l’agence sanitaire a aussi déterminé huit « facteurs de risque » susceptibles d’affecter le bien-être animal (techniques d’élevage, pratiques et formation de l’éleveur, hébergement, alimentation, pratiques sanitaires, pratiques douloureuses, reproduction, transport et abattage). Pour chacun de ces facteurs de risque, l’Anses se fait plus précise, indiquant les orientations à favoriser dans le cadre d’une démarche d’amélioration du bien-être animal. En matière de génétique, l’avis propose de tendre vers « l’abandon des hypertypes et de l’hyperspécialisation des schémas de sélection », pour favoriser au contraire « plus de robustesse/résilience et de santé des animaux en situation de ressources limitantes ». Autre exemple : « Les pratiques stressantes et/ou douloureuses sont supprimées autant que possible ou au moins substituées par des pratiques moins invasives. »

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

bien-être animal
Suivi
Suivre

Notation de A à E pour un affichage obligatoire

Par ailleurs, l’Anses recommande que l’évaluation du bien-être animal concerne aussi l’étage de sélection-multiplication, soumis à « des conditions d’élevage particulières », et rarement pris en compte aujourd’hui. Enfin, l’Anses plaide pour une notation sur cinq niveaux (A à E, le plus bas correspondant au « strict respect de la législation ») dans le cas d’un étiquetage obligatoire, et sur quatre niveaux (A à D) s’il est volontaire. Selon la réglementation européenne, un étiquetage volontaire doit « proposer des actions amélioratives par rapport à la législation en vigueur », rappelle l’Anses.

Favoriser la sélection génétique vers plus de « robustesse »