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Lutte contre l’obésité Etiqueter les aliments n’est pas suffisant selon l’industrie

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« L’étiquetage seul n’est pas suffisant et une éducation publique plus large au sujet de la nutrition est nécessaire pour aborder le problème croissant de l’obésité en Europe». C’est ce qu’a souligné une représentante de la Ciaa (Confédération des industries agro-alimentaires de l’UE) lors d’une conférence organisée au Parlement européen par l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE) sur les progrès à réaliser en matière d’étiquetage des aliments dans le but de lutter contre l’obésité comme proposé par la Commission européenne en début d’année.

Le projet de règlement concernant l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires du 30 janvier 2008 proposé par la Commission européenne a été passé en revue lors de la conférence au Parlement européen en présence de représentants de l’industrie agroalimentaire, d’organisations de consommateurs ainsi qu’un représentant de l’agence britannique d’étiquetage des aliments et des normes alimentaires Le représentant de l’agence britannique a notamment décrit l’expérience positive au Royaume-Uni des « feux de signalisation » sur l’avant des emballages (vert, orange, rouge) pour chacune des quatre substances nutritives principales (graisse, graisse saturée, sucre et sel).. A l’inverse de la représentante de la Ciaa, l’ensemble des participants a estimé que l’étiquetage qui informe le consommateur sur les choix de produit a une importance majeure. L’idée d’introduire l’étiquetage nutritionnel obligatoire plutôt que le système volontaire actuel a été un des points principaux de la discussion ainsi que la quantité et le niveau de détails nécessaires pour être instructif sans embrouiller le consommateur. « Un meilleur étiquetage alimentaire peut aider non seulement à lutter conter l’obésité pour des consommateurs désireux d’opérer des choix de style de vie plus sain mais aider également les diabétiques ou les victimes d’autres maladies ou allergies contractées par leur alimentation », a souligné Magor Imre Csibi, organisateur de la conférence et rapporteur pour l’ADLE sur la proposition de règlement de la Commission. L’importance de la lisibilité (taille minimum des caractères, contrastes etc.), l’étiquetage d’origine et la présentation d’informations nutritionnelles plus claires (des calories et des valeurs des éléments nutritifs par jour) ont également été soulignés durant l’audition. Si pour Magor Imre Csibi, « un étiquetage plus clair est une première mais importante étape vers un meilleur choix du consommateur et des régimes alimentaires plus sains », il estime nécessaire cependant de l’accompagner par des campagnes nationales de sensibilisation « qui démystifieront et simplifieront une grande partie de l’information actuellement indiquée sur l’emballage des aliments ».

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« Informations utiles et cohérentes »

Sabine Nafziger, Directrice du département « Information, nutrition et santé des consommateurs » de la Ciaa, a rappelé que les plus grands producteurs mondiaux de boissons et d’aliments (dont Danone, Kellogg’s, Kraft Foods, Nestlé, Coca-Cola et Unilever) se sont engagés à apposer volontairement sur leurs produits les recommandations de la Ciaa en matière d’étiquetage lesquelles visent « à fournir aux consommateurs européens des informations nutritionnelles utiles et cohérentes ». Ceux-ci se sont engagés à indiquer le nombre de calories (énergie) par portion à l’avant de l’emballage de leurs produits de marque, ainsi que le pourcentage que ces calories représentent par rapport aux GDA (Guideline Daily Amounts ou doses journalières recommandées). Au dos de l’étiquette figure la liste des huit nutriments: glucides, protéines, valeur énergétique, sucres, matières grasses, matières grasses saturées, sodium et fibres. Selon la Ciaa, des recherches auprès de consommateurs auraient démontré que la majorité d’entre eux souhaitaient des informations « facilement repérables quant aux calories et à la quantité d’énergie des aliments et des boissons qu’ils consomment afin de les aider à équilibrer leur absorption et leur dépense d’énergie ». L’indication des GDA fournirait donc aux consommateurs « un système scientifiquement valable, non discriminatoire et qui faciliterait l’information relative aux choix alimentaires ». Last but not least, la représentante de la Ciaa a redit la conviction de l’industrie selon laquelle l’auto-régulation peut être « un instrument plus efficace que la législation » dans la mesure où elle est « plus flexible et plus rapide ». Pour elle, la réglementation devrait seulement « soutenir les initiatives d’auto-régulation » et son éventuelle valeur ajoutée ne devrait porter que sur le « renforcement des aspects “harmonisation” des règles ».