Selon Nielsen, la fermeture des cafés et restaurants n’a pas profité aux grandes surfaces dont les ventes de vins et de spiritueux sont en recul après une phase d’achats à la veille du confinement.
Selon Nielsen, la fermeture des cafés et restaurants n’a pas profité aux grandes surfaces dont les ventes de vins et de spiritueux sont en recul après une phase d’achats à la veille du confinement.
La fermeture des bars, cafés et restaurants pour freiner l’épidémie de coronavirus a porté un coup sévère à la consommation d’alcool en France, tout comme l’annulation de nombreux festivals. Un coup d’arrêt que les ventes en supermarchés n’ont pas compensé, à en croire une étude du cabinet Nielsen publiée le 6 avril. Si 18 jours de confinement ont entraîné des achats massifs de farine, pâtes ou encore de produits d’hygiène, il n’en est rien pour les boissons alcoolisées, au contraire. En effet, « après les ventes spectaculaires entre vendredi 13 et mardi 17 mars, les ventes d’alcool sont en recul de 16,1 % (en valeur) lors des 12 jours qui ont suivi la mise en place du confinement, alors même qu’ils affichaient une croissance de 12,4 % les 12 jours précédents », relève Nielsen. Mathieu André-Febrero, directeur On-Trade chez Nielsen, note qu’« habituellement le mois de mars est un mois moyen pour les ventes d’alcools hors domicile, sauf pour les bières et les whiskies lors de la Saint Patrick (le 17 mars). Avec cette fermeture nationale à partir du dimanche 15, le mois de mars 2020 a donc été amputé de moitié ». Des volumes perdus qui ont représenté 17 millions de litres de bières et 1,3 million de spiritueux, selon lui, qui ne se sont donc pas retrouvés dans les ventes d’alcool en magasin.
Sur la période du 13 au 29 mars, le total des achats de stockage sur les produits de grande consommation a progressé de 26 %, largement en raison de la journée record du 16 mars, veille du confinement. « Malgré cette dernière, les alcools affichent un recul de 3,4 % de leur chiffre d’affaires sur la même période, largement à contre-courant des autres rayons comme l’épicerie salée ou les surgelés salés », indique encore le cabinet d’étude. Un désintérêt pour les alcools qui touchent même certaines boissons de plein fouet, comme les champagnes (-52,5 % de recul sur cette même période), les vins effervescents (-28,8 %), les liqueurs (-23,2 %) et les cidres (-16,8 %).
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À l’opposé, le rhum fait un bond de 11 %, alors que la bière (+6,9 %), le vin rosé (+3,2 %) et les anisés (+1,8 %) s’en sortent bien « grâce à la météo particulièrement ensoleillée qui a accompagné les premières semaines de confinement », avance Nielsen. Si « les ventes de vin sont toujours plus en repli, tirées par les hypermarchés (-31 % sur la dernière semaine), en revanche, la progression des supérettes et surtout du drive se confirme : les ventes de vin ont progressé dans ce dernier canal de 118 % et 158 % ces deux dernières semaines ! », souligne l’étude.
Autre tendance observée : le boom des ventes de vins en cubis, en hausse de 43 % en valeur (du 16 au 29 mars par rapport à la même période de 2019), et de fûts de bière (+16 %), faisant dire à Nielsen que « si les spiritueux et les Français ne sont pas forcément à la fête en cette période compliquée, le partage reste bel et bien un soutien de circonstance ! ».
Toujours est-il qu’une poursuite de la baisse des ventes d’alcools pourrait être assez néfaste pour les marques déjà pénalisées par la fermeture des bars et des restaurants. Une désertion des rayons alcools par les consommateurs, plus occupés à réaliser des courses de première nécessité, qui laisse imaginer à Nicolas Léger, directeur analytique chez Nielsen, que « les Français ont jusqu’ici pioché dans leurs réserves (bars et caves) pour leur consommation de confinement ». Ainsi, selon la durée du confinement « ils pourraient être amenés à renouveler leur stock dans les prochaines semaines, et pourquoi pas dès ce début avril. Pour une grande partie d’entre eux, le versement de la paye du mois de mars pourrait faciliter les achats de produits “plaisir” comme les alcools », ajoute-t-il.