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Étude prospective : quatre scénarios potentiels pour l’agriculture de 2025

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« Familiale », « contractuelle », « ferme-firme » ou « territorialisée » : quatre qualificatifs possibles pour définir l’agriculture à l’horizon 2025, selon une étude prospective du CGAAER présentée en avant-première au congrès national de la FNSafer le 3 décembre. Un travail commandité par le gouvernement qui identifie les leviers politiques à actionner en fonction de l’orientation souhaitée.

Les économistes du Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) ont identifié quatre scénarios vers lesquels pourrait tendre l’agriculture française à l’horizon 2025. Des scénarios volontairement poussés à leur extrême, car le but, explique Jean-Marie Gilardeau, membre de l’équipe de recherche, est d’identifier les décisions politiques qui influeront vers l’un ou l’autre des scénarios.

Dans l’agriculture « familiale », issue des dernières décennies, les structures restent familiales, en groupement, financées par des capitaux internes ou des prêts bancaires. C’est, plaisante Jean-Marie Gilardeau, « l’agriculture proustienne, dont la madeleine est l’exploitation familiale ». Dans ce modèle, un interventionnisme étatique se maintient, « plus subi que voulu », avec des politiques d’aides à l’installation.

L’agriculture « contractuelle » se situe dans la lignée des rapports contractuels qui se développent depuis quelques années. C’est un système de filière où les coopératives et les entreprises de l’aval investissent. L’État est peu présent, si ce n’est pour pousser aux recours aux assurances privées.

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La « ferme-firme » voit l’agriculture comme une activité économique « banale ». Elle a recours aux technologies de pointe, est financée par des capitaux extérieurs du type « spéculateur » et ne voit l’agriculteur que comme une « ressource humaine ». Dans ce modèle, les aides Pac n’ont plus de raison d’être, c’est la loi du marché qui prime.

Enfin, l’agriculture « territorialisée » met l’agriculture au service d’un territoire jusqu’au sens environnemental du terme. Ce modèle privilégie la polyculture sur des exploitations de taille moyenne. Ce modèle « réinventera le système de coopératives », explique Jean-Marie Gilardeau. Les exploitations seront financées par des deniers publics, ou des fonds issus de l’épargne solidaire.

« Bien malin qui pourrait devenir ce que l’avenir nous réserve ! », affirme Jean-Marie Gilardeau. Cependant, il appartient aux acteurs du monde agricole de définir l’orientation qu’ils souhaitent donner à l’agriculture de demain et de tirer plus ou moins sur les différents leviers afin de tendre vers un système qui mélange des caractéristiques de chacun des quatre scénarios. « Selon moi les frontières de ces scénarios sont plus poreuses qu’hermétiques, et c’est tant mieux », conclut Jean-Marie Gilardeau.