On est passé à côté du pire, à côté d’un blocage prolongé du pays comme en 1995 mais le climat social français sort durablement dégradé du conflit qui a accompagné le vote de la réforme des retraites. Les dégâts, comme toujours, ne sont guère mesurables, sur le terrain mais, à en croire l’Ania, il s’en fallait de peu que des usines soient mises en chômage technique par manque d’approvisionnement. Et on se demande quelles mesures auraient pu être prises pour que l’agriculture et l’agroalimentaire soient déclarés prioritaires afin de disposer avant d’autres du stock stratégique de pétrole si les raffineries avaient été bloquées plus longtemps. Le blocage des ports, lui, continue de freiner l’activité économique et les échanges comme les grèves avaient la semaine passée réduit la fréquentation et écorné le succès du SIAL et, plus gravement sans doute, l’image de la France à l’étranger.
Concrètement, les affaires auraient quand même été bonnes, en cette « année d’après-crise », en tout cas certaines délégations étrangères comme le Brésil ou d’autres n’hésitent pas à s’en féliciter, car le salon de Paris joue de plus en plus son rôle de boulevard pour les produits des pays lointains et des économies émergentes.
Il reste à espérer que leur présence serve de stimulant pour les entreprises françaises qui, elles, n’exportent pas assez. A vrai dire, si beaucoup ont compris que le marché intérieur leur serait de plus en plus difficile à cause des pressions de la grande distribution, si un certain nombre trouve une porte de sortie vers des circuits alternatifs comme la restauration, la vente directe, etc., trop peu pourront aller du jour au lendemain faire des miracles à l’exportation. Du moins sans un accompagnement sérieux et réfléchi sur lequel nous avons encore des progrès à faire.
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