Tout juste déclassé, le Min de Lomme devient Euralimentaire, une SEM de marché de gros avec de nouveaux actionnaires. Parmi ses projets, la création de la marketplace E-fresh et d'un hôtel d'entreprises pour renforcer son incubateur de start-up.
Le 18 décembre marquera un tournant dans l'histoire du Marché d'intérêt national de Lomme, créé en mars 1972 sur un terrain de 26 hectares, à 11 km à l'ouest de Lille. "Suite à une double procédure de déclassement vis à vis des ministères de tutelle et de la Métropole européenne de Lille (Mel), propriétaire des terrains, le Min devient un Marché de gros de droit privé", annonce Didier Delmotte, son directeur depuis janvier 2001. Rassemblant aujourd'hui 70 entreprises (500 emplois) pour un CA cumulé de 185 M€ et un volume annuel de 185 000 tonnes de fruits et légumes, cet équipement évolue en SEM Euralimentaire. Ambition : s'imposer comme pôle d'excellence de la filière agroalimentaire et de la foodtech, à l'instar d'Eurasanté, dans la santé, les biotechnologies et la nutrition, ou d'Euratechnologie, dans le numérique.
Nouveau capital de 3 M€
Ce changement de statut lui permet d'accueillir de nouveaux actionnaires et d'augmenter son capital. "La Mel a revendu des locaux à 28 professionnels qui souhaitaient les acquérir depuis longtemps et deviennent ainsi actionnaires (630 k€). Parallèlement, le capital de la SEM passe à 3 M€ contre 500 k€ pour l'ex-Min grâce à l'arrivée de la Caisse des dépôts (840 k€), Samfi Invest (700 k€), Urbi-Groupe La Poste (240k€), le reste étant détenu par les partenaires historiques, que sont la Mel, la CCI et la Chambre d'agriculture", précise Didier Delmotte. Cette nouvelle organisation apporte des moyens pour créer, d'ici à septembre 2020, la place de marché E-Fresh. Conçue en partenariat avec Euralogistic pôle d'excellence régionale dédiée à la logistique et soutenue par 19 entreprises très actives de l'ex-Min, elle s'adresse aux commerçants, restaurants et artisans des métiers de bouche. Suite à un appel d'offres dont la clôture est fixée le 19 décembre, un partenaire sera choisi début 2020 pour développer E-Fresh avec le soutien logistique d'Urbi.
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Parallèlement, bénéficiant de 4 hectares de foncier disponibles, Euralimentaire va créer un hôtel d'entreprises de 4 000 m2 d'ici à 2023. "Il complètera les locaux actuels dont dispose notre incubateur-accélérateur, avec d'un côté 200 m2 de bureaux et 1 500 m2 d'ateliers de production, dont 1 000 m2 créés l'été dernier suite à un investissement d'un million d'euros. Et nous aurons 300 m2 d'ateliers supplémentaires dès février 2020 ce qui permettra de maintenir 3 start-up sur place et d'en accueillir cinq nouvelles", conclut Isabelle Wisniewski, sa directrice.
28 start-up et 100 emplois créés
Depuis sa création en juin 2017 dans le giron d'Eurasanté et du pôle de compétitivité Nutrition Santé Longévité, l'incubateur-accélérateur Euralimentaire (3 salariés et budget annuel de 550 k€) a accompagné 32 start-up, dont 28 sont encore en ses murs (3 cessations d'activité et 1 rachat). Elles ont favorisé la création de 100 emplois, en sachant que Nutri Earth (compléments alimentaires à base d'insectes), M Naturellement (traiteur de produits frais, de saison et locaux) et Alterfoodie-Les Petites Pousses (desserts et yaourts végétaux) sont en phase d'accompagnement au développement. Les autres sont encore en incubation (liste complète sur le site : euralimentaire.com).