Ayant finalisé sa restructuration et le rééquilibrage entre les productions animales et végétales, le groupe coopératif Euralis a renoué avec un résultat net positif, malgré un chiffre d’affaires en légère régression. Son pôle Gastronomie en progression de 5 % à 321 millions d’euros, est désormais l’avenir du groupe. En capitalisant sur ses marques fortes, le premier producteur de foie gras mondial envisage pour le futur d’autres acquisitions, tout en misant sur une croissance interne des autres secteurs en croissance, les magasins et les semences.
« Nous nous sommes imposés un entraînement en haute altitude avant d’entamer la compétition». C’est par cette image sportive que Christian Peès, président d’Euralis, décrit le vaste plan de restructuration mené depuis deux ans par le groupe. Baptisée « Cap synergie », cette réorganisation interne avait pour but de gagner en rentabilité et en compétitivité, par des mesures organisationnelles et financières, afin de rebondir après les difficultés de l’exercice 2001/2002 au cours duquel le groupe avait subi de lourdes pertes (résultat net de – 15,2 millions d’euros).
Objectif 2008 : 1 milliard d’euro de chiffre d’affaires
« Aujourd’hui nous sommes dans une position qui nous permet d’aborder une nouvelle phase de croissance», ajoute Michel Depierre, directeur général du groupe. Car si le chiffre d’affaires a quelque peu diminué en 2004 à 849 millions d’euros (contre 868 en 2003 soit une légère régression de 2,2 %), le groupe a renoué avec un résultat net positif de 1,4 million d’euros et atteint un résultat courant historique de 9,4 millions d’euros. Récoltant les fruits de ses efforts en 2004, Euralis a vu son besoin en fonds de roulement moyen diminuer (14 millions d’euros, - 7%) et sa trésorerie croître (de 33 millions d’euros). Avec une capacité d’endettement suffisante pour permettre des investissements futurs, le groupe se fixe comme objectif, d’ici 3 ou 4 ans, 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires pour un résultat net de 10 millions d’euros. Jusqu’en 2006, la rationalisation des coûts logistiques et des achats continuera de concentrer tous les efforts des dirigeants, épaulés notamment par un nouveau directeur des achats, chargé de mettre en place une structure centralisée.
Le maïs doux, un marché de plus en plus difficile
Optimum selon le groupe coopératif, l’équilibre des activités a finalement été atteint (51 % du CA en production végétale et 49 % en production animale). Autre objectif atteint : la restructuration autour des 3 pôles est maintenant totalement terminée. Le pôle productions agricoles et distribution, numéro 1 en chiffre d’affaires et regroupant les productions végétales, l’alimentation animale et la distribution spécialisée, est resté stable à 421,8 millions d’euros. Subissant de plein fouet la crise viticole, Euralis Vigne, spécialisée dans la prestation de services, a connu une régression de 10 % de ses ventes (72,7 millions d’euros) et une suppression de 55 postes. L’activité légumes, quant à elle, s’est bien portée selon le groupe, qui a justifié le recul de son chiffre d’affaires (47 millions d’euros) de 21,6 % par un nombre d’hectares plantés en baisse sur la saison. Le maïs doux (3/4 des surfaces), en particulier, à cause d’un marché difficile caractérisé par la concurrence de la Hongrie et de la Thaïlande et le développement du hard-discount, devrait voir ses surfaces se réduire encore en 2005. Autre point noir, les effets de la canicule se sont répercutés sur l’exercice et l’activité céréales a accusé un repli de 7,3 %.
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+13 % à l’export
Quant au pôle semences (91,3 millions d’euros de chiffre d’affaires, répartis également entre la France, les Peco et le reste de l’Europe), s’il a confirmé le retour aux bénéfices, se félicite-t-on chez Euralis, il également connu un léger repli de son chiffre d’affaires du fait en 2002 de ventes de stocks exceptionnelles en Europe de l’Est. Aussi est-ce véritablement le pôle gastronomie de terroirs (321 millions d’euros de chiffre d’affaires), à naître de la fusion imminente des sociétés Grimaud Montfort et Rougié Bizac International, qui a constitué le moteur du groupe en 2004 avec une croissance de 5,6 %. Récoltant notamment les efforts de l’interprofession et du Cifog et bénéficiant d’une reprise de la consommation après deux ans de baisse, Euralis voit l’avenir au beau fixe. Très satisfait des fêtes de fin d’année en 2005, le groupe table même sur une croissance de l’ordre de 10 % pour la saison en cours. Les ventes, essentiellement sous les marques Montfort et Rougié, se répartissent également sur les circuits de distribution du groupe que sont la GMS, la RHF et l’export, offrant chacun des potentiels intéressants. Malgré l’interdiction de toute importation de foie gras par les Etats-Unis, finalement levée en octobre dernier, l’export, avec + 13 %, a le plus contribué à la croissance de l’activité. Même la concurrence grandissante de l’Espagne ne semble pas inquiéter le groupe outre mesure, malgré des prix à la production compétitifs. La vente par correspondance et en circuit spécialisé, quant à elle, autour de la marque et enseigne Pierre Champion, reste encore anecdotique.
Acquisitions prévues en foie gras
Interrogé sur la constitution récente du numéro deux du foie gras, regroupant les sociétés Delpeyrat, Saint Jours Foie Gras et Canard du Midi, sous l’aile de Maïsadour, Michel Depierre voit d’un bon œil l’arrivée d’un challenger susceptible de contribuer à animer le marché. « Après nous être penchés sur le dossier nous avons finalement décidé de ne pas y donner suite, estimant qu’il n’existait pas de complémentarité entre nos activités et celles de Canard du Midi », explique ainsi le directeur général d’Euralis. Pour autant, le groupe envisage toujours d’autres rapprochements dans le futur. Mais pour porter son développement, le groupe opte surtout pour une croissance interne, sur ses marchés les plus porteurs. Outre la gastronomie, sur laquelle le groupe va continuer à capitaliser sur ses marques fortes, les activités agrofourniture et jardinerie (enseignes Point Vert et Magasin Vert) et les semences profiteront des investissements du groupe. Mais à ce sujet, les dirigeants se veulent bien sûr très discrets.
Le pôle gastronomie et terroir, locomotive du groupe à + 5,6 %