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Collecte et transformation Euralis compte retrouver un résultat positif sur 2009/2010

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Après une année 2009 difficile marquée par l’impact de la crise économique sur les pôles Gastronomie ainsi que Productions agricoles et distribution, le groupe Euralis compte sortir du rouge en 2010. Le dernier trimestre 2009 laisse entrevoir de meilleures perspectives. Le groupe souhaite poursuivre son adaptation aux nouvelles conditions de marché, ce qui va l’amener à travailler tant sur la relation avec les adhérents que sur ses activités agroalimentaires.

La crise économique n’aura pas laissé indemne le groupe Euralis. Si son chiffre d’affaires a progressé de 0,3 % sur 2009, « à structure et à périmètre constant, il est en baisse de 11 % », a expliqué Pierre Couderc, directeur général du groupe depuis septembre 2009, en conférence de presse à Paris le 10 février. En 2008, le pôle Productions agricoles et distribution a subi de plein fouet la baisse des cours du maïs, de l’ordre de 30 %. Le pôle Gastronomie a pour sa part pâti de la chute des exportations françaises de foie gras de 10 % et du recul du marché grand public en France, estimé à 8 %. « Euralis étant le leader à l’export des exportations de foie gras, nous avons, par rapport à nos concurrents, une partie plus importante de nos volumes que nous réalisons à l’export », a précisé Pierre Couderc. Même chose pour les ventes en restauration hors foyer, un autre point fort d’Euralis mais un marché qui a subi plus que les autres les effets de la crise.

Résultat net négatif sur 2009
Le résultat d’exploitation du groupe a donc fortement souffert, affichant une baisse de 66 % entre 2008 et 2009, à 8 millions d’euros seulement. En net, le résultat est même négatif de 18,6 millions d’euros. A un résultat courant déjà négatif de 8,9 millions d’euros, est venu s’ajouter un résultat exceptionnel lui aussi négatif de 9,7 millions, lié au plan de redressement entamé sur le pôle Gastronomie dès le mois de mai. Celui-ci comprend la fermeture de 3 sites ainsi que des actions de développement sur les marques Rougié et Montfort. Compte tenu du contexte, « ce résultat n’est pas une surprise », a indiqué Pierre Couderc. Pour 2010, le groupe compte bien renouer avec la croissance. Crucial puisque les ventes de foie gras s’effectuent pour l’essentiel au dernier trimestre, « le point de passage à fin décembre est synonyme de réussite et de redressement », a signalé Pierre Couderc. Pour 2010, Euralis mise donc sur une croissance organique de son chiffre d’affaires de 0 à 2 %, un retour à un résultat d’exploitation de l’ordre de 20 millions d’euros et un résultat net de nouveau positif. Il n’empêche. Le groupe va poursuivre ses efforts d’adaptation, notamment pour permettre à ses adhérents de faire face à la dérégulation croissante des marchés.

Concevoir une nouvelle relation avec les adhérents
Pour les aider à mieux gérer le risque, « il faut clairement que l’on conçoive une nouvelle relation avec les agriculteurs », a expliqué Christian Pèes, président du groupe. L’idée : réfléchir à l’amélioration de la performance globale des exploitations agricoles en créant des groupes de réflexion destinés à revisiter les itinéraires agronomiques ou les raisonnements de gestion. La coopérative veut agir sur l’ensemble des charges de l’agriculteur, et ne plus se limiter aux seuls intrants qui n’en représentent finalement que 40 %. Elle compte s’appuyer sur le logiciel Eureca, lancé voici deux ans. Celui-ci se base sur un intranet et propose pour l’instant un compte d’exploitation avec des analyses, un outil de traçabilité et des bases documentaires. « 400 adhérents sont connectés aujourd’hui, et nous visons 3 à 4 000 adhérents dans un à deux ans », a précisé Christian Pèes. Dans un avenir proche, le système pourrait permettre à l’agriculteur d’effectuer des actes d’achat avec le groupe.

Un potentiel de croissance de 110 millions d’euros dans l’agroalimentaire
En ce qui concerne ses activités agroalimentaires (foie gras avec les marques Rougié et Montfort, traiteur avec Jean Stalaven), Euralis veut développer 3 axes clés : accélérer la croissance de Rougié en désaisonnalisant la consommation de foie gras grâce à des innovations, renforcer les forces de vente en GMS et exploiter le potentiel de ses marques en restauration hors foyer. Un tel plan ouvre « un potentiel de croissance rentable de 110 millions d’euros sur les trois prochaines années, pour un chiffre d’affaires de 600 millions d’euros », a signalé Pierre Couderc. D’ici à 2015, Euralis mise sur un résultat d’exploitation de l’ordre de 5 % du chiffre d’affaires, sachant que la moyenne est de 8 à 10 % dans les groupes agroalimentaires. « Si nous n’avions pas cette performance économique, il pourrait y avoir des soucis », a précisé Christian Pèes.

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