Euralis affiche, à la veille de son assemblée annuelle à Pau, une meilleure santé, résultat de son recentrage sur trois pôles et d’une politique volontariste d’investissements porteurs. Son leadership dans le secteur du foie gras est un atout qu’il entend bien continuer à développer.
Le « trou d’air » d’il y a trois ans est oublié pour le groupe Euralis : le groupe coopératif du Sud-Ouest, revenu à l’équilibre en 2004, affiche un résultat clairement positif de 4 millions d’euros qu’il entend plus que doubler d’ici deux à trois ans.
Les dirigeants d’Euralis ne sont pas peu fiers de la performance dont ils ont donné les détails à Paris avant de tenir l’assemblée générale à Pau. Le groupe, qui perdait 5 M EUR en 2002/2003, est « passé dans le vert » un an plus tard et a dégagé à la fin août 4 millions de bénéfice net consolidé. Or, il n’a pas été avare d’initiatives lors de ce dernier exercice : rapprochements stratégiques dans le maïs doux et le bioéthanol, investissements dans ses sites de foie gras et de semences et acquisitions à l’étranger pour la filière palmipèdes gras et en France dans les plats cuisinés.
Cette course en avant s’impose, selon le président Christian Pées, malgré les menaces (grippe aviaire, crise viticole) pour contrer les incidences négatives de la PAC sur les marges. Préférant « vivre la mondialisation comme une opportunité plutôt que comme une fatalité », le groupe conforte ses activités locales et reste offensif à l’international.
L’exercice écoulé a illustré ces deux mots d’ordre. Face à la concurrence thaïlandaise sur le marché du maïs doux, les outils d’Euralis ont été fusionnés en avril avec ceux de Maïsadour et Vivadour, autres coopératives partenaires de Bonduelle : le bilan de la première campagne de la nouvelle société Soléal confirme déjà le bien-fondé de cette alliance, estime Michel Depierre, directeur général du groupe. De même, en juillet un accord a été conclu avec l’espagnol Abengoa pour demander l’agrément d’une filière maïs/éthanol propre au Sud-Ouest : aux 40 000 tonnes déjà obtenues, Euralis espère un complément adapté au projet d’usine de 200 000 t prévu à Lacq pour fin 2007.
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Exporter davantage la gastronomie
Le pôle Gastronomie d’Euralis, fruit de la fusion entre Rougier-Bizac International et Grimaud Montfort Distribution, a poursuivi sur sa lancée positive de ces dernières années mais a été freiné par les mesures protectionnistes américaines à l’encontre du foie gras. Il représente 40 % de l’activité du groupe et emploie 1673 salariés. Son chiffre d’affaires a augmenté de 8,4 % à périmètre comparable pour atteindre 343,2 M EUR, avec des ventes en hausse de 11 % sur le marché des professionnels. En GMS (+8,3 % de croissance), c’est Montfort qui a eu la meilleure croissance de toutes les marques de foie gras. Le développement à l’export va être consolidé par un nouvel agrément USDA obtenu à Lignol et 10 M EUR d’investissements ont été réalisés aux Herbiers, qui seront suivis d’un montant approchant sur le site de Montbourguet. Surtout, le groupe a acquis en juin Cf Agra alimentation, n° 1 890 du 30 juin 2005, p.27 deux sociétés au Canada, Palmex et Aurpal, afin d’approvisionner plus facilement le marché américain ; il s’est doté aussi de nouvelles capacités de gavage en reprenant le n°1 bulgare, Brezovo, et il vient d’ouvrir une société commerciale au Mexique et en Espagne. Enfin, le pôle s’est enrichi d’un nouveau type de croissance externe lors du rachat des plats cuisinés sous vide, Papillote. Une diversification dans une niche haut de gamme (10 M EUR de CA) riche de synergies pour ses forces de vente et que les dirigeants d’Euralis comptent bien renouveler dans l’avenir.
Au total, le groupe a terminé son exercice fin août sur un chiffre d’affaires consolidé de 831 M EUR contre 849 M pour l’exercice précédent mais cette baisse est principalement due à la déconsolidation de la société Fipso (abattage de porcs), précise-t-il.
Dès l’an prochain, Euralis prévoit un chiffre d’affaires de 850 M EUR, une mba de 35 M et un résultat net « supérieur » à 4 M EUR, son objectif de bénéfice à deux-trois ans étant de 10 M EUR.