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Lait de chèvre Eurial investit 20 millions d’euros pour le développement de Soignon

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Eurial, le pôle laitier d’Agrial, veut se renforcer sur les fromages à partir de lait de chèvre en investissant dans les nouveaux produits et l’augmentation des capacités de production de ses sites industriels européens.

Eurial a dévoilé son plan de bataille pour ses fromages à partir de lait de chèvre, surtout connus à travers sa marque phare Soignon, leader de son segment en France. « Nous allons doubler notre activité en GMS en France et à l’export et poursuivre notre croissance dans la RHD et l’industrie », explique Olivier Athimon, directeur général d’Eurial. Cet objectif, dont l’échéance est fixée à 2020, va se traduire par un investissement de 20 millions d’euros, pour moitié dans l’innovation en faveur de nouveaux produits et pour moitié dans l’industrie. « Nous allons accompagner les nouveaux usages du fromage de chèvre qui se consomme de plus en plus sous forme de snacking ou comme ingrédient pour cuisiner, et moins souvent sous forme plateau », poursuit le directeur général. En clair : à côté des bûchettes traditionnelles, les nouvelles présentations et recettes vont se multiplier. Cette évolution de la consommation concerne aussi les marchés étrangers où le chèvre se consomme surtout sous forme de fromage frais, en hors-d’œuvre ou au petit-déjeuner. Pour les prochaines années, ces développements se feront pour l’essentiel sous la marque Soignon. Elle représente 30 % de parts de marché du chèvre en GMS (CAM 09/2016, source IRI), en hausse de 16 % en volume sur un marché en progression de +4 %. L’ultra frais à partir de lait de chèvre, où Soignon détient une part de marché de 60 % en GMS, va aussi être développé.

Pour nourrir ces objectifs, Eurial investira dans l’outil industriel 10 millions d’euros. « Nous allons renforcer les capacités de nos sites en France, en Espagne et en Belgique », indique Olivier Athimon, sans être en mesure pour l’instant de donner plus de détails sur les usines concernées. L’amont va aussi être encouragé grâce à un « important plan de soutien » destiné à livrer, chaque année, 5 millions de litres de lait supplémentaires. Une centaine de nouveaux éleveurs rejoindront la coopérative afin de compléter les 140 millions de litres de lait fournis par les 670 éleveurs qui seront encouragés à produire davantage. Le prix du lait payé à l’éleveur est en hausse régulière sur le marché français selon l’Institut de l’élevage : de 611 euros à 672 euros/1 000 litres entre 2010 et 2014. Eurial devrait payer cette année 690 euros/1 000 litres contre 684 l’année dernière.

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Eurial se montre confiant sur les perspectives du marché des produits à partir de lait de chèvre. Au sujet d’une éventuelle crise de surproduction, comme cela a été le cas en 2009-2011, Olivier Athimon estime que rien ne laisse penser qu’elle pourrait se reproduire en raison « d’un éventail de produits plus large et adaptés aux attentes des consommateurs, du développement de l’ultra frais, des débouchés internationaux et d’un prix de l’alimentation animale maîtrisé. » Eurial réalise un chiffre d’affaires de 2,3 milliards d’euros, dont 35 % dans le lait de chèvre cette année.