Le projet « Pasta Filata Ingrédients », partenariat entre Eurial Poitouraine, Celia et Terrena-Laïta, vient de franchir une nouvelle étape. Les trois industriels du secteur laitier conditionnaient leur investissement de 56 millions d’euros à un financement à hauteur de 40 % par les pouvoirs publics. C’est chose faite, puisqu’ils devraient recevoir 20 millions d’euros (3,1 de l’Etat, 7,8 de Bruxelles et 9 des collectivités locales) de subventions. Ce partenariat « restructurant pour le secteur » va déboucher sur la construction d’un nouvel outil en 2008 et sur une production de 30 000 tonnes de mozzarella d’ici 2012. Avec l’arrivée d’Ingredia au sein du partenariat, la fusion des activités commerciales de co-produits laitiers des quatre industriels serait à terme envisagée.
Le projet a un nom… et ses subventions. Baptisé « Pasta Filata Ingrédients » (PFI), le partenariat noué entre trois industriels du secteur laitier et emmené par Eurial Poitouraine Cf. Agra alimentation n° 1912, du 12 janvier 2006, p. 12 a reçu le soutien des pouvoirs publics. A l’occasion d’une visite à Herbignac sur le site industriel d’Eurial, Dominique Bussereau a annoncé une aide de l’Etat à hauteur de 3,1 millions d’euros. « Ce qui permet de déclencher une subvention de Bruxelles de 7,8 millions d’euros », détaille Hubert Durant, directeur de la communication et des ressources humaines du groupe coopératif. De leur côté, les collectivités locales devraient apporter une ligne de 9 millions d’euros. Soit un total de 20 millions d’euros. L’objectif d’un financement du projet à hauteur de 40% par les pouvoirs publics va donc être atteint.
Démarrage en 2008
« Pour absorber les volumes de lait flottants et restructurer le secteur laitier en s’adaptant à la nouvelle PAC », comme le rappelle Hubert Durant, Terrena-Laïta, Eurial-Poitouraine et Celia s’étaient engagés en janvier dernier à unir leur forces pour investir ensemble 56 millions d’euros dans un nouvel outil de production à Herbignac. Les trois industriels comptaient d’ici 2012 produire 30 000 tonnes de mozzarella à destination du marché mondial, et ainsi assurer des débouchés aux producteurs de lait. La réalisation du projet était cependant conditionnée à un financement à hauteur de 40% par les pouvoirs publics. Cette première étape franchie, Eurial table sur un démarrage de l’activité du nouveau site en 2008.
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Une fusion des activités commerciales avec Ingredia
Dès l’annonce du projet, la porte était clairement ouverte à un quatrième investisseur. C’est finalement le groupe Ingredia qui va rejoindre le trio d’industriels. Sa participation pourrait déboucher à terme sur le regroupement des forces commerciales des 4 partenaires destinées aux co-produits laitiers... un autre moyen de pousser un peu plus en profondeur la restructuration du secteur. Ingredia est en effet le leader français du « développement et de la commercialisation d’ingrédients fonctionnels laitiers ». Ce groupe basé à Arras commercialise à travers 60 pays près de 85 000 tonnes d’ingrédients laitiers, des protéines en poudre au perméat de lait, en passant par le lactose ou le lait en poudre. Propriété à 100% de la coopérative La Prospérité fermière, Ingredia a réalisé en 2005 un chiffre d’affaires de 251 millions d’euros (40% en France, 75% en Europe, et 25% en Amérique du Nord et en Asie). Une société qui souffre des difficultés du secteur laitier : pour un chiffre d’affaires quasi-stable, son résultat net est passé de 1,3 million d’euros en 2003 à 125 000 euros l’an passé. Le projet PFI « conforte sa volonté stratégique de se renforcer sur les protéines de lait et les activités de système fonctionnels », indique-t-on auprès du groupe.