Dirigé par Didier Perréol, nouveau président de l’Agence Bio, Euro-nat affiche de belles performances et n’hésite pas à investir. Spécialisé dans la distribution et la production de produits issus de l’agriculture biologique, ce groupe enregistre en effet une croissance de 24% de son chiffre d’affaires sur l’exercice 2006, à 33 millions d’euros, alors que 38 à 40 millions d’euros de facturations sont attendus pour 2007. En vue de soutenir son développement, plus de 2,3 millions d’euros vont être investis au printemps. 500 000 euros pourraient également être engagés dans l’achat d’une nouvelle ligne de production de pâtes sèches. Si une diversification vers le coton bio a été engagée en 2005, l’accent devrait être mis cette année sur le renforcement de sa marque d’épicerie sèche Priméal et le développement de son activité à l’international.
Export, croissance interne, externe, diversification… du moment que l’on parle de produits bio, Didier Perréol ne manque pas de projets pour sa société.
P.d.-g. et fondateur d’Euro-nat, cet autodidacte ardéchois conjugue convictions personnelles et réussite industrielle. Pour preuve, la croissance du groupe qu’il dirige, spécialisé dans la production et la distribution de produits issus de l’agriculture biologique, ne faiblit pas. Euro-nat S.A., holding qui coiffe 9 filiales (voir encadré), affiche en effet un chiffre d’affaires en croissance de plus de 24 %, à près de 33 millions d’euros, après un exercice 2005 à +20 %. L’année 2007 devrait confirmer la tendance avec 38 millions à 40 millions d’euros de facturations selon les prévisions du dirigeant.
Plus de 2,5 millions d’euros investis sur son site de Peaugres
Ces belles performances traduisent non seulement l’expansion du marché des aliments estampillés « AB », mais également une réelle volonté de développement. Le site de Peaugres (Ardèche), qui regroupe le siège administratif, entrepôts et sites de production, va par exemple connaître cette année sa 6e tranche d’agrandissement depuis sa création en 1988. De mars à septembre prochain, 2,3 millions d’euros vont être engagés pour faire passer sa surface de 7 000 à 10 500 m2, et 500 000 euros seront consacré au doublement des bureaux qui atteindront 1 200 m2. L’ensemble « dépassera largement les normes HQE (haute qualité environnementale), indique Didier Perréol, et sera organisé selon les règles du Feng-Shui, un principe asiatique de circulation des énergies».
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Les pâtes Nicolas en plein boom
Dans le même temps, un autre investissement, plus opérationnel, pourrait être décidé. En vue d’accroître les capacités de la société Nicolas S.A., rachetée en 2003 et spécialisée dans les pâtes sèches haut de gamme et issues de l’agriculture biologique, une seconde ligne de production pourrait être rachetée. 500 000 euros seraient nécessaires à cette opération – encore à l’étude – qui permettrait de dépasser les 1 000 tonnes de pâtes produites par an. « Notre production de pâtes, après celle de biscuits, connaît un véritable boom,explique le dirigeant. Nous sommes passés de 450 tonnes en 2005 à 600 tonnes en 2006, et nous atteindrons au moins les 800 tonnes cette année. Reste à voir si le marché peut absorber plus ». D’autant que le pôle « pâtes » d’Euro-nat vient de s’enrichir de la société champenoise Barry, PME rachetée l’été dernier et évidemment spécialisée dans l’alimentation biologique, qui produit 350 tonnes de pâtes et dont l’activité sera à terme rapatriée sur le site ardéchois.
Une société leader sur le Quinoa
Mais s’il est un marché dont « le potentiel de développement est sans limite » selon Didier Perréol, c’est celui du Quinoa. Découverte par l’entrepreneur au cours d’un salon professionnel à la fin des années 80, cette graine qui pousse sur l’altiplano bolivien s’utilise aussi bien comme ingrédient que comme aliment… Et reste une clé du développement d’Euro-nat. Cette découverte a en effet permis au groupe de trouver de nouveaux débouchés commerciaux en France comme en Europe. Après avoir travaillé directement avec des petits producteurs boliviens durant 6 ans, Euro-nat a créé Jatariy en 1996. Cette filiale locale détenue en propre regroupe aujourd’hui 350 producteurs et assure la collecte et la première transformation de la graine. Certifiée « AB » et commerce équitable, Jatariy permet à Euro-nat de tenir le leadership européen du Quinoa avec une production de 1 000 tonnes, que Didier Perréol entend doubler « d’ici 3 à 4 ans ». Un schéma qui fait recette, reproduit au Bénin : une nouvelle filiale dédiée à l’achat de coton bio et suivant les règles du commerce équitable y a été créée en 2005. Ont ainsi été mises en place la société Vie’Arôme (huiles essentielles) et la société BAO (prêt-à-porter et linge de maison en coton bio) avec la marque Biocoton et sa filiale au Bénin, Organic Bénin.
Doubler son chiffre d’affaires à l’export d’ici trois ans
Cette stratégie de diversification a cependant « atteint ses limites », admet Didier Perréol. Aujourd’hui, Euro-nat entend concentrer ses efforts sur son cœur de métier, l’épicerie sèche bio, et renforcer les parts de marché de sa marque Priméal, leader sur le circuit de distribution spécialisé. Si le marché de la GMS « n’est pas encore stratégique » pour Euro-nat, la société devrait donner plutôt une impulsion du côté de l’export, qui ne représente pour l’instant que 8% de son chiffre d’affaires. Objectif annoncé : « Doubler nos exportations d’ici trois ans ». « Nous sommes déjà présents presque partout en Europe, détaille le p.d.-g. Il s’agit donc de renforcer notre présence, mais aussi de prendre pied sur de nouveaux marchés importants, comme l’Allemagne, les pays de l’Est ou encore l’Amérique du Nord. » Des ambitions qui ont poussé Didier Perréol à renforcer son équipe : embauche d’un directeur général et renforcement de l’équipe à l’export (attaché commercial).