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Sécurité alimentaire/Contrôles EuroCommerce ne veut pas supporter le « fardeau financier » des contrôles alimentaires

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« Nous pensons que les problèmes causés par les faiblesses actuelles dans le système des contrôles alimentaires officiels peuvent être résolus par le renforcement de l'approche basée sur les risques et l'amélioration de l'efficacité des systèmes de contrôle et non pas par le transfert de la charge financière au secteur privé ». C'est en tout cas l'essentiel des commentaires du secteur du commerce européen suite aux propositions de Bruxelles du 6 mai 2013 visant à renforcer les contrôles à mener le long de la chaîne d'approvisionnement alimentaire et à durcir les sanctions financières applicables en cas de fraude semblable à la crise de la viande de cheval. Ces nouvelles règles devraient entrer en vigueur dans le courant de 2016, après leur approbation par le Parlement européen et le Conseil des ministres de l'UE.

EuroCommerce, lobby du commerce de gros et de détail de l'UE, considère que la sécurité alimentaire est une « responsabilité partagée entre les autorités publiques et les opérateurs privés » et rappelle que de « nombreux détaillants et grossistes du secteur alimentaire ont déjà pro-activement investi dans des systèmes de contrôle performants ». Il juge donc que « toute charge financière supplémentaire pour les exploitants du secteur est inacceptable et inutile ». Christian Verschueren, le directeur général d'EuroCommerce, estime que « garantir la confiance des consommateurs dans les denrées alimentaires qu'ils mangent est une priorité absolue pour le secteur du commerce et que de nombreuses entreprises pratiquent systématiquement des contrôles de la qualité des approvisionnements, respectent des normes d'hygiène sévères et procèdent à des contrôles réguliers efficaces. Il y va de l'image de marque ». Il se dit persuadé qu'« imposer des coûts de conformité supplémentaires n'aboutira pas de facto, à améliorer les niveaux de sécurité alimentaire ». Pire : « Agir ainsi ne fait aucun cas des bonnes pratiques déjà mises en œuvre par les entreprises ». Le patron du lobby du commerce européen considère que pour faire de cette nouvelle législation européenne un succès, en plus d'une coopération dans les contrôles officiels avec les entreprises, « une approche fondée sur les risques doit rester le principe directeur de tout système de contrôle ». Selon lui, un système de tests supplémentaires obligatoires ne devrait être envisagé « qu'une fois que le risque pour la santé publique aura été mis en place ». C'est, à ses yeux, « le moyen le plus efficace de parvenir à un système de contrôle vraiment efficace et durable ».

« des mesures attendues depuis des lustres »

« Ces contrôles renforcés ont beau constituer un progrès, le véritable défi consistera à envoyer suffisamment d’inspecteurs indépendants sur le terrain afin d’en garantir l’application », estime de son côté le Bureau européen des unions de consommateurs. Celui-ci caresse l'espoir que « des inspections surprises permettraient de renforcer la pression sur les entreprises alimentaires, diminuant ainsi la tentation de fraude ou de prise de risque». Le lobby des consommateurs reste persuadé que « bien que les mesures proposées par Bruxelles aient été prévues depuis longtemps, le récent scandale de la viande de cheval a joué un rôle important dans l’inclusion de ces dispositions anti-fraude ». Il se félicite notamment de ces « mesures inédites de lutte contre la fraude alimentaire, telles que les inspections à l’improviste et les amendes en cas de non-respect des réglementations ». Monique Goyens, directrice générale du BEUC, a indiqué que « vu le manque de confiance actuel dans l’industrie alimentaire, nous accueillons favorablement le fait que la lutte contre la fraude alimentaire soit une priorité de l’UE. Des ressources supplémentaires seront toutefois nécessaires pour faire appliquer ces nouvelles lois. Les sanctions applicables en cas de violation exigent, pour être efficaces, des seuils minimums conséquents. » Elle estime primordial que l’Europe coordonne ses contrôles en matière d’alimentation car, dit-elle, « il s’agit après tout d’un marché unique européen. C’est la seule façon de restaurer et de maintenir la confiance des consommateurs, qui n’a cessé de se dégrader ces derniers mois.»

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