Abonné

Analyses/Résultats Eurofins va atteindre le milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2012

- - 4 min

Eurofins a annoncé qu’il allait atteindre le milliard d’euros de chiffre d’affaires dès cette année, pour un objectif d’abord fixé en 2013. Le groupe d’analyses, qui a beaucoup investi ces dernières années, vise 2 Mds EUR de chiffre d’affaires d’ici à cinq ans et reste très optimiste, dans un marché bien orienté, qui croît deux fois plus vite que le PIB.

Eurofins, leader mondial du marché des analyses alimentaires, pharmaceutiques et environnementales en laboratoires (il détient 10 % de ce marché de 10 Mds EUR), a dégagé de bons résultats au premier semestre. Le chiffre d’affaires, à 480,4 M EUR, a progressé de 29 %, dont 9 % de croissance organique (les analyses alimentaires pèsent 40 % de l’activité). La marge d’Ebitda ajustée (activités matures) est stable, à 15,2 % (- 0,2 point) et le résultat net, à 19,1 M EUR, a bondi de 38 %, alors que le second semestre est classiquement plus contributif aux résultats. « Nous avons dégagé de bons résultats malgré les acquisitions réalisées. Nous avons encore 60 M EUR de chiffre d’affaires à marge quasiment nulles », explique Gilles Martin, p.-d.g. du groupe. « De 2000 à 2010, nous avons investi entre 6 et 8 % de notre chiffre d’affaires dans la création de nouveaux laboratoires, contre 4 à 5 % pour nos concurrents. Aujourd’hui, nous sommes à un rythme de 6 % du chiffre d’affaires, dont la moitié de renouvellement et la moitié d’investissement capacitaire. Nos 17 start-ups ont généré 5 M EUR de pertes en 2011. À fin juin, elles sont encore en légère perte, mais elles seront à l’équilibre à la fin de l’année », ajoute-t-il. Autre événement ayant pesé sur les résultats, des acquisitions en Belgique et celle d’IPL, filiale de l’Institut Pasteur. « IPL et les acquisitions en Belgique ont généré 10 M EUR de perte (dont 5 M de perte opérationnelle et 5 M EUR de réorganisation) », indique le dirigeant. Si IPL doit être ramené à l’équilibre opérationnel d’ici à le fin de l’année, tous les laboratoires ne seront peut-être pas sauvés.
 
Des marchés très dynamiques
Eurofins est très confiant pour l’avenir et a même avancé sa prévision de chiffre d’affaires de 1 Md EUR de 2013 à 2012. « Les marchés sont encore très bien orientés. Même si l’Europe a un peu ralenti au premier semestre, la croissance organique se situe dans une fourchette de 5 à 10 % en France et en Allemagne, explique Gilles Martin, qui se félicite que le groupe soit peu exposé à la situation en Europe du Sud. Les Etats-Unis, qui sont devenus notre premier marché, sont mieux orientés. L’externalisation de l’activité de tests des Etats et des entreprises privées au profit d’entreprises comme la nôtre est aussi une source de croissance, de même que les besoins dans les pays émergents. L’Asie, l’Amérique latine et l’Europe de l’Est ont encore énormément de potentiel. Il y a encore peu d’analyses mais la demande est croissante. La part des pays émergents dans notre chiffre d’affaires est encore très faible (moins de 5 %), mais avec des taux de croissance très élevés, jusqu’à 50 %, contre 7 à 8 % dans les pays occidentaux. Les marques sont par ailleurs de plus en plus mondiales, et elles renforcent leur vigilance », explique Gilles Martin. « Vu l’attrait du marché, on a considéré qu’on avait intérêt à se développer vite, quitte à ne pas atteindre 20 % de marge d’Ebitda », ajoute-t-il.
 
Doubler de taille d’ici à cinq ans
Eurofins, qui a réalisé une petite dizaine d’acquisitions depuis le début de l’année (dont une en Nouvelle-Zélande et une aux Etats-Unis pendant l’été, ainsi qu’une prise de participation majoritaire dans le japonais Nihon Kankyo au printemps), compte en faire encore trois ou quatre d’ici à la fin de l’année. « Nous voulons doubler de taille dans les cinq ans à venir, avec 100 M EUR d’acquisitions par an et le reste en croissance organique. Avec toujours un objectif de niveau d’Ebitda de 20 % », indique Gilles Martin. Eurofins a d’ailleurs renforcé le management en prévision de la croissance à venir. Quant au développement dans les pays émergents (marché des tests alimentaires principalement), où « il n’y a rien à acheter », il passera par le développement de nouveaux laboratoires. « On pourra peut être se poser la question de nouvelles start-ups l’an prochain »