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Boulangerie/Ingrédients/Prise de participation Eurogerm s’allie au japonais Nisshin Seifun

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Eurogerm a annoncé avoir conclu une alliance avec Nisshin Seifun, le leader japonais de la meunerie. Cette alliance permettra à l’entreprise française productrice d’ingrédients et d’auxiliaires technologiques à destination de la boulangerie industrielle de se développer sur les marchés asiatiques grâce à un accord de licence exclusif. Elle prévoit également la création d’une joint-venture à 50/50 en Chine. Dans cette opération, Nisshin Seifun acquiert 15 % du capital d’Eurogerm pour un montant de 8,9 millions d’euros. Le holding Mobago, détenu majoritairement par Jean-Philippe Girard, P-dg d’Eurogerm, conserve 61 % des parts et 73,63 % des droits de vote d’Eurogerm.

Déjà présent en Afrique et en Amérique du Sud, Eurogerm voulait compléter son activité grand export en s’attaquant à l’Asie. « Mais c’est un marché complexe, on voulait un partenaire expert qui connaisse bien le marché », explique Serge Momus, directeur export d’Eurogerm. C’est le japonais Nisshin Seifun qui a été choisi, pour la complémentarité de son offre et de son implantation géographique notamment. « Ils sont très présents en Asie. Outre le Japon, ils ont une usine en Chine et en Thaïlande ainsi que des bureaux commerciaux au Vietnam et en Indonésie. Ils sont également implantés en Amérique du Nord, tandis que nous sommes présents en Europe, en Afrique et en Amérique latine. En tant que meuniers, leurs clients sont les mêmes que les nôtres mais nos produits sont différents. La boulangerie japonaise, peu connue en France, est très sophistiquée. Ils ont une expertise sur les produits d’enrobage, les rolls ou encore des produits un peu sucrés, pour lesquels ils vendent de la farine et de la levure. Nous sommes présents sur les pains spéciaux et les produits pour la boulangerie industrielle, par exemple pour jouer sur la texture ou allonger la durée de vie des produits. Et le marché asiatique est très friand de ces produits de type européen », explique Serge Momus.
Nisshin Seifun, coté à la Bourse de Tokyo, a realisé un chiffre d’affaires de 443,728 milliards de yen en 2009/2010 (exercice clos au 31 mars), soit près de 4 milliards d’euros, dont 43 % dans son activité meunerie (et 50 % pour les produits alimentaires comme les plats cuisinés ou les pâtes).

Prendre pied sur le marché asiatique
Le partenariat conclu par Eurogerm et Nisshin Seifun consiste pour ce dernier à prendre une participation de 15 % dans Eurogerm, pour un montant de 8,9 millions d’euros. Eurogerm bénéficiera pour sa part d’un accord de licence exclusif pour l’importation, la production et la distribution de ses produits et services au Japon, en Chine et en Thaïlande, ainsi que d’un principe général d’accord de collaboration technique et commerciale dans l’ASEAN.
« Nisshun Seifun est le fournisseur principal de Yamazaki Baking qui est l’une des deux premières boulangeries industrielles du monde. Ils sont présents en Chine depuis quatre ans et sont déjà présents chez de nombreux boulangers chinois. Pour nous, c’est une introduction fantastique. Et leur connaissance du marché va nous faire gagner un temps précieux », explique Serge Momus.

Prochaine étape : l’Amérique du Nord
Eurogerm, qui réalise 45 % de ses 50 millions d’euros de chiffre d’affaires à l’export (Europe, Afrique, Amérique du Sud) se fixe comme objectif en Asie un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros d’ici à trois ans. « Cet accord marque le début d’une nouvelle ère pour Eurogerm dans l’accélération de son développement international. (…). L’Asie connaît l’une des croissances structurelles mondiales les plus fortes dans le segment des produits alimentaires relatif à la filière Blé-Farine-Pain », indique Jean-Philippe Girard dans un communiqué. Prochaine étape du développement international, les Etats-Unis, où Eurogerm étudiera les possibilités d’implantation ex-nihilo, de croissance externe ou d’alliance.

Maintien de la rentabilité en 2009/2010
Eurogerm a par ailleurs publié ses comptes provisoires pour 2009/2010 (exercice clos au 31 mars). Le chiffre d’affaires recule de 4 %, de 51,9 millions d’euros en 2008/2009 à 50 millions d’euros. Hors Elcea, filiale cédée le 1er décembre 2009, le chiffre d’affaires s’éleverait à 49,5 millions d’euros, en retrait de 2,6 %. Une évolution qui résulte notamment « d’un durcissement des conditions de marché en France et en Europe », indique un communiqué. Le résultat d’exploitation est pour sa part passé de 4,2 millions d’euros à 4 millions d’euros, malgré un niveau d’amortissement en hausse et une perte d’exploitation de 0,1 million d’euros de la filiale espagnole Leag (qui a toutefois amélioré sa situation) pour 4,8 millions d’euros de chiffre d’affaires. Le résultat net ressort à 2,3 millions d’euros contre 3,1 millions d’euros l’année précédente. Une détérioration que l’entreprise n’attribue pas à l’activité mais à une baisse de la rémunération des produits financiers, une augmentation des charges financières liées à la dette (pour l’extension de l’usine) et une moindre exonération d’impôts concernant la participation au pôle Vitagora.

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