L'opérateur boursier Euronext dit avoir « beaucoup de projets » de contrats à terme, à commencer par le lancement sur trois produits laitiers dans les « quelques jours » après la fin des quotas au 1er avril 2015. Une réflexion est engagée pour l'orge de brasserie et le maïs.
En plus des contrats à venir en poudre de lait écrémé, poudre de lactosérum et beurre, « on n'exclut pas le fromage s'il y a de la demande », a indiqué le directeur commercial Matières premières Nicholas Kennedy, en conférence de presse le 3 mars. Cela permettrait de « reconstituer un prix de référence du lait, de manière synthétique » à partir de ses valorisations industrielles. Les points de livraisons envisagés se répartissent autour d'Anvers, Rotterdam, Hambourg. Constatant un déphasage du contrat maïs par rapport aux flux physiques, le directeur Matières premières Olivier Raevel a déclaré qu'il allait « vraisemblablement se repencher dessus cette année ». Objectif : capter des volumes de grains qui, au fil du temps, se sont déplacés vers l'est de l'Europe. Aux actuels points de livraison sur la côte Atlantique, d'autres pourraient s'ajouter dans le bassin du Rhin en Alsace, sur les lieux de consommation au Benelux, dans la vallée du Danube (Hongrie, Bulgarie). « On entame une réflexion en vue de créer un outil pour tous les opérateurs européens », a souligné le responsable du développement de produits Lionel Porte.
Transparence des prix
Euronext dit aussi se pencher sur le contrat orge de brasserie, qui « ne fonctionne pas ». Les opérateurs lui « préfèrent le contrat blé, en raison de sa liquidité », selon lui. Interrogés sur des évolutions possibles, ces derniers ont exprimé la demande d'une autre version en orge fourragère. L'actif sous-jacent est en effet plus important. Quant à la correspondance avec les orges brassicoles, il suffirait d'« ajouter un système de primes négociées sur le marché physique », a expliqué Lionel Porte.
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Un autre secteur intéresse l'opérateur boursier, celui du sucre, pour lequel l'abolition des quotas est programmée au 1er octobre 2017. Interrogé sur l'opportunité d'un marché à terme dans le porc, Olivier Raevel a jugé la filière trop « stressée ». « La situation de l'élevage porcin est très compliquée », a-t-il confié, en évoquant l'embargo russe. Et d'ajouter : « Il faut que les acteurs soient intéressés par l'introduction d'une plus grande transparence des prix ».
Le nouveau contrat blé meunier supérieur d'Euronext a démarré le 2 mars, avec des critères de qualité renforcés. Ce contrat dit « n°3 » repose sur des caractéristiques très spécifiques pour la panification et l'export, afin de répondre « à la demande de l'industrie consultée au cours de l'année 2014 », selon les termes du communiqué publié début février. Des critères minima sont retenus, notamment le taux de protéines du blé à 11 % et l'indice de temps de chute de Hagberg à 220 secondes. « Le contrat blé est le cœur de notre franchise », a souligné Olivier Raevel. Il atteint 41 000 lots par jour en moyenne sur 2014, correspondant à près de 2 Mt. « Sa marge de progression est importante quand on compare à des marchés plus matures. Les volumes peuvent être multipliés par dix. »