Le groupe français Evialis, en redressement l’an dernier, souhaite accélérer son développement à l’étranger, « pour diminuer rapidement sa dépendance » par rapport à un marché français déclinant. Il recherche des investisseurs pour entrer dans son capital et permettre à BNP Paribas d’alléger sa participation.
En présentant les résultats du groupe d’alimentation animale Evialis, son p.-d.g., Pierre Lefebvre, a souligné la nécessité de se « développer à l’international car en France, le marché de l’alimentation animale s’érode régulièrement », une tendance qui devrait perdurer. En 2005, le marché de l’alimentation animale a régressé en France de 1,34 % à 20,9 millions de tonnes.
Evialis a néanmoins amélioré ses résultats et dégagé un bénéfice net 2005 en hausse de 22,6 % à 7,9 millions d’euros pour un chiffre d’affaires en recul de 3,7% à 647,3 millions en raison essentiellement de la baisse du coût des matières premières au premier semestre de l’exercice. Le groupe estime avoir « bien résisté » grâce à la «diversité de son mix produits» et au bon démarrage de Nutréa, société commune issue du partenariat avec Unicopa. Evialis a « reconstitué ses marges » avec un taux de marge de 32 % contre 29,4% un an plus tôt « grâce à l’activité dans les pays émergents ».
Les capitaux propres se sont élevés à 96 millions d’euros (86 millions en 2004) tandis que l’endettement net est passé de 61 à 51 millions.
Objectif : être milliardaire en 2010
« Nous avons une certaine force de frappe pour faire des opérations de croissance externe » à l’étranger (Brésil, Argentine, Mexique, Asie...), a souligné M. Lefebvre assurant que de nombreux dossiers sont « à l’étude », dont plusieurs « bien avancés ». Il s’agit d’acquérir des entreprises « de bonne taille réalisant un chiffre d’affaires compris entre 40 et 100 millions d’euros »
Le groupe entend aussi renforcer ses filiales existantes « pour atteindre une masse critique».
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L’objectif d’Evialis est d’atteindre en 2010 un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros, dont 50 % réalisés à l’étranger contre 22% actuellement, et une rentabilité nette de 3 %.
Cette année, Evialis continuera son processus de rationalisation en France (cession d’actifs non utilisés, réduction de marques et de références, simplification juridique...). Evoquant ses perspectives pour 2006, le groupe estime que la grippe aviaire aura un impact sur le niveau d’activité et le résultat du groupe. Mais, il table toutefois sur la poursuite de son redressement amorcé en 2005. « Nous pensons que l’activité à l’étranger continuera à nous porter et que nous arriverons à tenir nos objectifs. Car 8 millions d’euros de résultat, c’est clairement insuffisant, a estimé M. Lefebvre. Nous devons arriver à une profitabilité plus solide pour pallier les aléas qui arrivent dans nos métiers ».
Recherche de partenaire
Evoquant l’intention de BNP Paribas, qui détient 63,2 % du capital d’Evialis, de descendre progressivement au-dessous du seuil de 50 %, si les conditions de marché le permettent, M. Lefebvre a assuré qu’il s’agissait pour le groupe bancaire de « réduire sa participation et non pas de sortir du capital d’Evialis». « Le but est d’avoir plus de fluidité dans notre cours. BNP Paribas nous a chargé de trouver des partenaires investisseurs qui soient convaincus de notre stratégie », a-t-il indiqué, estimant qu’il serait « logique pour le groupe bancaire de diminuer sa participation en deçà de 34 % ».
Et d’ajouter qu’une « acquisition par échange de titres » pourrait être envisagée. Le groupe n’exclut pas non plus un partenariat stratégique avec un groupe étranger.