Comme il l’avait prévu, Evialis a dégagé en 2003 un résultat net en fort recul, mais positif. Si le premier semestre 2004 demeure difficile, le second devrait se révéler meilleur, estime le groupe, qui souhaite participer à la restructuration du secteur.
Filiale de BNP Paribas, spécialisée dans la nutrition animale, Evialis est parvenue à sauver les meubles en 2003. Après un résultat net part du groupe de 11,2 millions d’euros un an plus tôt, elle a enregistré l’an passé 3,7 millions pour un chiffre d’affaires de 674,6 millions (689,8 millions à change constant). Le premier semestre avait été tendu du fait des crises des filières animales qui ont touché 85 % du marché et ont eu un impact fort sur la société qui réalise 70 % de son activité dans l’aliment complet en France. A cela s’est ajoutée la mise en œuvre plus difficile que prévu d’un plan de réorganisation globale de l’entreprise, qui s’est traduit par la fermeture de trois usines en France et la création de neuf centres régionaux.
Au second semestre, l’entreprise a bénéficié, entre autres mesures, de la hausse de la demande en aliments pour bovins, liée à la canicule, et est parvenue à la fin de l’année à retrouver un niveau d’activité comparable à celui qu’elle avait connu un an plus tôt. Pour autant, explique Alain Meulnart, son p.-d.g, elle n’a répercuté que partiellement dans ses prix la hausse exceptionnelle du coût des matières premières. D’où « un pincement des marges » à la fin de l’année et une marge brute à 206,1 millions contre 214,8 millions un an plus tôt. Le résultat d’exploitation, de 11,4 millions d’euros contre 19,6 millions précédemment traduit le repli des volumes dans un secteur d’activité où les coûts fixes sont importants, rappelle le groupe.
Recentrages à l’international
A l’étranger aussi, où il enregistre 19 % de son chiffre d’affaires, le groupe a été confronté à une situation très contrastée. Il a enregistré de bonnes performances en Afrique du Sud, où son chiffre d’affaires s’est envolé de 80 % grâce au développement de l’aliment pour porcs. Ainsi du Vietnam aussi, où il a repris une usine en 2001 et en a créé une autre en 2003 pour 1,5 million d’euros, spécialisée dans les produits aquacoles sous la marque Ocialis.
En revanche, il a continué à connaître des difficultés au Brésil où il a affiché en 2003 un chiffre d’affaires consolidé de 36 millions d’euros. Après deux années difficiles, il y a redéployé son activité et refondu son organisation commerciale et ses réseaux de distribution. En Pologne, où il a connu un revers lié à la crise de la volaille, il a orienté son activité vers les filières à plus forte valeur ajoutée que sont les porcs et les bovins. Son chiffre d’affaires s’y est établi l’an passé à 13 millions d’euros, sur un total de 21 millions dans les pays de l’Est.
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Après son retrait de Lituanie, de Croatie et de Slovaquie, le groupe envisage de poursuivre son recentrage sur un nombre restreint de pays. Il pourrait ainsi envisager de délaisser certains marchés des pays de l’Est, dans lesquels il détient des positions marginales. Toutefois, rien n’est décidé en ce domaine, précise Alain Meulnart. En revanche, le dirigeant projette des « acquisitions ciblées » sur ses marchés les plus porteurs.
Fiançailles locales
Globalement, le premier semestre 2004 devrait demeurer incertain, avec toujours des difficultés à répercuter la hausse des matières premières, avec aussi les répercussions de la grippe aviaire, et ses conséquences fortes au Vietnam où le marché a chuté de 40 %, mais également en France, où la consommation de volailles s’est repliée de 15 % en février. Reste un point positif : la tendance à la hausse du cours du porc après deux années de crise.
Le second semestre 2004 devrait être meilleur, augure Alain Meulnart. Pour l’avenir, le président estime que sur un marché « structurellement local », Evialis se doit d’être « gros localement ». Aussi le groupe inscrit-il dans sa stratégie la volonté de « participer à la création de pôles locaux de taille critique». Evialis est le seul acteur national non intégré, rappelle Alain Meulnart. Le groupe ne peut plus procéder à des rationalisations internes. Pour améliorer sa compétitivité locale, il se doit de trouver des mariages, des alliances. « Les démarches de fiançailles ont débuté, auprès de certains partenaires, sensibles à nos arguments », souligne le président, sans en dire plus.
81 % du CA réalisés en France Activités : aliments complets en France (environ 444 millions d’euros de chiffre d’affaires), aliments complets à l’international (113 millions), firme-service (75 millions dont 44 en France), santé (42 millions, en France uniquement). Implantations : France (81 % du CA), Europe du Sud (5 %) autant qu’au Brésil, Asie (4 %), Europe de l’Est (3 %), autres (2 %). Usines : 22 en France (sur un total de 330 dans le secteur), avec un taux d’utilisation moyen de 73 % environ. Actionnariat : BNP Paribas (63,3 %), flottant (35 %), autocontrôle 1,7 %.