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Alimentation animale Eviter l’amalgame entre farines animales et PAT

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La question de l’utilisation des PAT (protéines animales transformées) dans l’alimentation animale, souvent confondues avec les farines animales, est l’objet de polémiques. Dans les conditions actuelles, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire), le CNA (Conseil national de l’alimentatoin) et les pouvoirs publics sont opposés à la proposition communautaire d’utiliser les PAT dans l’alimentation animale.

Farines animales ou PAT ? La confusion des deux denrées de la part du grand public a obscurci la question du retour des coproduits d’abattoir dans l’alimentation du bétail. La Commission européenne a proposé une feuille de route le 10 juillet sur l’utilisation des PAT dans l’alimentation de certains animaux d’élevage. « Pour l’instant, il n’en est pas question », a affirmé le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire le 5 décembre. De fait, le CNA (Conseil national de l’alimentation) et l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) ont déposé un avis négatif à la proposition de la CE « tant que les conditions ne sont pas totalement réunies ».
En outre, il est nécessaire d’éviter l’amalgame entre PAT et farines animales. « Les sous-produits utilisés pour la fabrication des PAT sont issus d’animaux sains », insiste Véronique Bellemain, vice-présidente du CNA. Les farines animales mises en cause dans la crise de l’ESB en 1996 et 2000 étaient fabriquées, entre autres, à partir de cadavres d’animaux d’élevage. La réglementation européenne et nationale en vigueur interdit toujours l’utilisation de ces farines animales, comme des PAT. La CE a envisagé la levée de l’interdiction sur les PAT uniquement et la France résiste toujours.

Pour les ruminants, les interdits restent en l’état

Quoi qu’il arrive, l’utilisation des PAT concernerait l’alimentation d’espèces omnivores : les ruminants (bovins, caprins, ovins) sont clairement exclus de la proposition européenne. « Le rapport porte ainsi sur l’éventuelle introduction des PAT, produites en France, issues de la filière volaille dans l’alimentation des porcins ou des poissons, et issues de la filière porcine dans l’alimentation des volailles ou des poissons », lit-on dans l’avis de l’Anses d’octobre 2011. En tout cas, le ministre de l’Agriculture est monté rapidement au créneau. Il sait que l’opinion publique est réticente. Un facteur majeur en période préélectorale notamment. « Tant que je serai ministre, dit Bruno Le Maire, les farines animales ne seront pas réintroduites ». A bon entendeur…

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