Abonné

Prix agricoles/prix alimentaires Evolutions toujours assez divergentes, selon une étude de la Commission

- - 4 min

L’évolution des prix pour la majorité des produits agricoles et des denrées alimentaires donne toujours une image contrastée depuis le déclenchement de la flambée des prix, affirme une récente étude de la Commission européenne. Alors que les prix agricoles sont revenus à des niveaux comparables à ceux atteints au début de la flambée des cours, les prix des denrées alimentaires n’ont, en revanche, pas connu de baisse et sont restés à des niveaux jugés assez élevés. Une situation qui risque de perdurer encore quelques temps, avertissent les auteurs de l’étude.

Selon une étude, désormais mensuelle, de la DG Agri de la Commission européenne (1), sur l’évolution récente des prix des matières premières agricoles et des prix des denrées alimentaires au sein de l’UE, les prix des principaux produits agricoles sont revenus, fin mars 2010, à des niveaux comparables à ceux atteints avant le début de la flambée des prix (2007-début 2008), les prix à la consommation, au contraire, restent à des niveaux relativement élevés sur la même période, y compris ceux du pain et des aliments à base de céréales ainsi que ceux de la viande et des produits laitiers. En France, par exemple, l’étude montre que si les prix du blé ont baissé de 30 % entre mars 2009 et mars 2010, ceux du beurre ont augmenté de 33% et de 24 % pour le lait écrémé en poudre sur la même période. Au sein même du secteur des matières premières agricoles, le contraste se vérifie aussi. Ainsi, si pour plusieurs produits, les niveaux des prix en mars 2010 pour l’ensemble de l’UE, sont restés inférieurs aux niveaux observés il y a un an (blé tendre (-9%), blé dur (-25%), orge (-8%), viande bovine (-3%), viande de porc ( -2%) et viande de volaille (-7%), les niveaux des prix pour d’autres produits agricoles, en mars 2010 pour toute l’UE, ont quant à eux augmenté par rapport à mars 2009 : maïs (+8%), lait écrémé en poudre (+7%), beurre (+25%) et fromage (edam) (+13%).

Une situation contrastée et qui peut encore durer...
Sans vouloir doucher les espoirs des consommateurs, les auteurs de l’étude rappellent que les possibilités de voir les prix à la consommation baisser à court terme restent plutôt «particulièrement limitées » du fait que les coûts des facteurs non-agricoles de l’offre alimentaire dans l’UE (comme par exemple l’énergie) semblent être beaucoup plus élevés aujourd’hui que par le passé. Selon eux, malgré leur forte baisse au second semestre de 2008, les prix actuels du pétrole brut (Brent Europe) sont encore cotés à un niveau quatre fois plus élevé que leurs moyennes à long terme historiques (et devraient rester, au moins, à ces niveaux), et les coûts en capital quant à eux semblent avoir augmenté de façon significative ces derniers temps, notamment les coûts en capital des emprunts agricoles, qui auraient augmenté de 20% sur la période 2005-2009.
D’aucuns estiment que l’augmentation des prix des produits de base agricoles en 2007/2008 ont découlé de la combinaison de divers facteurs structurels tels que la croissance de la population mondiale, l’augmentation des revenus dans les économies émergentes, l’apparition de nouveaux débouchés sur les marchés et le ralentissement de la croissance des rendements. Toutefois, des conditions météorologiques défavorables, des restrictions commerciales imposées par plusieurs pays exportateurs, l’évolution des taux de change mais aussi le développement de l’activité spéculative ont également joué un certain rôle dans la flambée des prix des denrées alimentaires à la consommation, ce qui a eu pour conséquence de réduire le pouvoir d’achat des ménages de l’UE.

(1) Depuis la flambée des prix alimentaires et des prix des matières premières agricoles en 2007-2008, la Commission européenne a décidé de surveiller le développement des prix de ces produits et publie désormais des rapports mensuels à ce sujet.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.