Avec 85 500 ha de foncier acquis et 83 660 ha rétrocédés, les 28 Safer de France affichent un très bon bilan pour 2003. De plus en plus, les Safer associent l’ensemble des acteurs du monde rural à leurs travaux, y compris les collectivités locales pour lesquelles elles travaillent de plus en plus. C'est ce qui a été confirmé dans le cadre de la loi sur les territoires ruraux. La fédération nationale des Safer insiste par ailleurs sur son rôle croissant dans l’aide aux installations agricoles.
« Les Safer affichent une excellente année 2003, comme en témoigne l’acquisition de 85 500 ha pour une valeur de 529 millions d’euros. Une performance qui conforte la progression de son activité depuis 2000» a souligné André Thévenot, président de la Fédération nationale des Safer (FNSafer), sociétés pour l’aménagement foncier rural, lors d’une conférence de presse à Paris le 8 juin. En surface, l’activité des Safer a progressé de 2 %, mais en valeur, la hausse est de 8 %, en raison de la forte croissance du prix de l’immobilier rural.
La part de marché des 28 Safer est de 23,6 % au niveau national. Elle est plus forte dans le quart Nord-Est, le grand Massif Central et en Normandie, mais moins forte dans le Bassin parisien, l’arc atlantique et le Sud-Ouest. Le droit de préemption des Safer a concerné 1 550 transactions en 2003, ce qui correspond à 10 % des surfaces acquises. « La préemption s’exerce surtout à l’encontre des non-agricoles pour garder une orientation agricole de ces biens», a précisé Antoine de Boismenu, directeur de la FNSafer.
Un soutien à l’installation
Sur les 85 500 ha acquis, 83 660 ha ont été rétrocédés. La part principale des surfaces rétrocédées (39 %) a été consacrée à l’installation ou à l’agrandissement des installés récents. La FNSafer souligne avec satisfaction qu’elle a accompagné 1 120 jeunes dans leur installation en 2003, un chiffre en progression depuis 1999 alors que le nombre d’installations diminue. « Il est important de souligner que 55 % de ces interventions se font en faveur des jeunes non issus du milieu agricole», souligne Antoine de Boismenu. Les Safer sont aussi intervenues dans les projets d’agrandissement de 1 200 jeunes installés.
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Un rôle croissant auprès des collectivités locales
La Fédération nationale insiste sur son rôle de plus en plus marqué chaque année dans le développement local. Les Safer proposent leurs services auprès des collectivités locales pour l’aménagement foncier dans le cadre de créations de structures de loisirs, d’équipements collectifs ou encore de zones d’activités. Afin de constituer des réserves foncières dans le cadre de projets publics, les Safer peuvent stocker des terres puis opérer des échanges entre propriétaires, et réinstaller des agriculteurs hors zone. « Le monde agricole se rend compte que lorsque les Safer sont impliquées dans ces projets, le maintien de l’activité agricole est assuré», assure André Thévenot. D’ailleurs, la loi nouvelle sur les territoires ruraux a permis un renforcement du poids des collectivités locales au sein du conseil d’administration des Safer : leur part va passer de 25 % à 33 %.
Réflexion sur la politique foncière rurale
Le président de la FNSafer prévoit une forte hausse du prix du foncier agricole en France, qui est actuellement le moins cher des pays de l’UE à 15. Selon lui, la politique foncière va sûrement être au cœur de la loi de modernisation agricole. « C’est la première fois que l’on a un débat sur le foncier, a-t-il souligné. La France a un modèle de développement de l’urbanisation très consommateur d’espace, sans prendre en compte les conséquences sur la production agricole». Chaque année, 40 000 à 60 000 ha de terres agricoles disparaissent, et ce sont les meilleures terres, qui sont évaluées au total à 6 millions d’hectares (sur un total de 29 Mha de terres agricoles). Il n’y a pas péril en la demeure, mais il est temps de se poser des questions, estime en substance André Thévenot.