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Alimentation Exposition des Antillais aux pesticides : pas de spécificités

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Selon une étude publiée par l’Anses, l’exposition de la population antillaise aux pesticides ne présente pas de spécificités, hors chlordécone. Des études complémentaires méritent d’être réalisées.

Chlordécone mis à part, l’exposition de la population antillaise aux pesticides et les niveaux de résidus dans l’alimentation ne présentent pas de spécificités par rapport à la métropole. Telle est la conclusion de l’étude « Sapotille » publiée par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments et du travail, l’Anses, le 5 novembre. L’Anses a souhaité se pencher sur cette question, partant de deux constats : d’une part, la population antillaise a des habitudes alimentaires, qui accordent « une large place aux fruits et légumes tropicaux ainsi qu’aux produits de la pêche », d’autre part, les ravageurs de cette zone du globe sont spécifiques à une agriculture de type tropical. Ces deux particularités faisaient penser que la population antillaise « pourrait être exposée à un risque particulier lié aux résidus de pesticides dans l’alimentation ». L’étude menée par l’Anses découle du plan national d’actions « chlordécone 2008-2010 », bien qu’elle écarte cette molécule de l’analyse, au motif que ce pesticide « a déjà fait l’objet de plusieurs études spécifiques ».

55 substances suivies

Ce travail propose donc une photographie de l’exposition des antillais aux résidus de pesticides. 55 substances prioritaires ont été étudiées dans 30 types de denrées locales. Les données ont été combinées à deux études réalisées en Martinique en 2004 et en Guadeloupe de 2005. Conclusion : pour 40 % des substances recherchées, l’exposition des consommateurs reste inférieure aux doses journalières admissibles (DJA). Pour un quart des produits recherchés, « le risque de dépassement de la DJA ne peut être exclu pour certaines populations ». En particulier, pour sept substances, la probabilité de dépassement est élevée, le plus souvent pour la catégorie des 3-15 ans. Or parmi ces sept molécules, seule une est encore autorisée aujourd’hui. Enfin, l’état des connaissances actuelles ne permet pas de conclure pour 35 % des substances étudiées. Ces derniers résultats suggèrent d’approfondir l’analyse, reconnaît l’Anses, notamment par l’acquisition de données plus précises, plus nombreuses et actualisées sur la consommation et la contamination, mais aussi en affinant les méthodes d’analyse.
Les prochains travaux, estime l’Anses, « devraient cibler prioritairement les substances dont l’usage est autorisé dans les Antilles ou qui ont été utilisées dans le passé et persistantes dans l’environnement ainsi que les matrices alimentaires les plus prioritaires ». Cette étude contribue quoi qu’il en soit « à une meilleur traçabilité de la contamination des aliments par des résidus », juge l’agence.

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