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Prophylaxie Face aux plantes invasives, une proposition de loi en vue à l'automne

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Le Comité parlementaire de suivi du risque ambroisie et autres plantes invasives prépare une proposition de loi visant à lutter contre un fléau agricole et de santé publique. Y sont ajoutés, par rapport au texte initial, le datura, l'orobranche, la renouée du Japon, la berce du Caucase.

« NOUS allons enrichir notre proposition de loi », qui sortira « à l'automne », a annoncé le président Alain Moyne-Bressand lors d'une réunion d'information scientifique le 3 juin à l'Assemblée nationale. « Il est urgent d'agir » face au « développement très rapide » de l'ambroisie, a-t-il poursuivi, en déplorant le rejet de son texte initial le 5 décembre 2013 lors d'une séance publique au Parlement. Le comité a décidé d'« élargir son champ de réflexion », en se penchant sur d'autres plantes invasives, comme le datura, l'orobranche, la renouée du Japon, la berce du Caucase, pour bâtir une « loi complète ».

« Trop de temps a été perdu », a rajouté Alain Moyne-Bressand en soulignant les trois objectifs du comité créé en 2011 : sensibiliser le grand public et les décideurs, valoriser les bonnes pratiques de lutte, donner un écho aux actions de terrain. Il a rappelé l'annonce du gouvernement d'un dispositif contre l'ambroisie dans le projet de loi de santé publique, toujours en préparation. Par ailleurs, une proposition de règlement européen sur les espèces exotiques envahissantes a été votée au Parlement de Strasbourg le 16 avril dernier.

Colonisation vers le nord

Dans une présentation des différentes stratégies de lutte, l'expert de l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) Guillaume Fried a estimé que « le mieux est de faire de la prévention, de l'éradication précoce », laquelle « nécessite une réglementation », pour l'instant très « sommaire ». Il a montré en exemple l'Australie et son système d'évaluation du risque adapté aux plantes invasives.

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Hormis l'ambroisie, deux autres espèces inquiètent particulièrement le Cetiom (Centre technique des oléagineux). « Le datura stramoine colonise des régions de plus en plus au nord », a noté le directeur des études et recherches André Merrien. Sa présence, « à peu près partout en Europe », est particulièrement marquée dans le Sud-Ouest. Des expérimentations sont menées sur le striptill (« labour en bande », en anglais) pour lutter contre cette plante invasive « bien adaptée » à la culture du tournesol. Autre voie, l'innovation variétale par le biais de la mutagénèse, qui permet un désherbage post-levée.

L'orobranche rameuse concerne essentiellement la région Poitou-Charentes, où 15 000 ha de colza sont touchés. Mais les surfaces « potentiellement contaminées » totalisent 50 000 ha en incluant le Gers et la Marne. La situation est jugée « préoccupante » pour le colza mais aussi pour le chanvre, le melon, le tournesol. Un plan de prophylaxie est déjà en place, basée entre autres sur une limitation des échanges de matériel agricole, l'allongement des rotations, l'enfouissement des résidus de culture, l'utilisation d'espèces hôtes pour une « germination suicide ».