Après plusieurs mois de crise, le gouvernement a annoncé des mesures conjoncturelles et structurelles, qui ne satisfont pas les apiculteurs de l’Unaf.
Alors que les apiculteurs connaissent, depuis plusieurs mois, des difficultés à écouler leur miel, le ministre de l’Agriculture a annoncé, dans un communiqué le 23 février, la mise en place d’un « plan d’action » incluant « des aides conjoncturelles pour aider les apiculteurs en difficulté » et des « mesures structurelles visant à accompagner la filière apicole dans la durée ». Pour soulager les trésoreries des apiculteurs, le ministère annonce donc un « soutien conjoncturel d’urgence à hauteur de 5 M€ » incluant des « avances de trésorerie, aides conjoncturelles, prises en charge de cotisations MSA ».
À moyen terme, il annonce le lancement de travaux sur quatre axes : amélioration de la réglementation (voir ci-après) et des contrôles ; 500 000 euros d’aide à la communication et à la promotion ; travaux pour « adapter la production aux attentes », et moyens de pilotage « renforcés » ; 200 000 euros supplémentaires aux actions sanitaires. Les colégislateurs européens sont parvenus à un accord politique le 30 janvier sur la révision des directives « Petit-déjeuner » dont fait partie l’étiquetage du miel. Le compromis politique prévoit, en cas de mélange, une indication obligatoire des pays d’origine des miels sur l’étiquette, dans le même champ de vision que le nom du produit, par ordre décroissant en fonction de la proportion qu’ils représentent.
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« Coup d’enfumage »
Dans un communiqué paru le 29 février, les apiculteurs de l’Unaf dénoncent un « coup d’enfumage », avec « un coup de communication et des mesurettes qui sont loin de répondre aux enjeux actuels ». Le syndicat critique d’une part le montant, qu’elle évaluait de son côté à 30 millions d’euros. Il demande également que « les modalités soient précisées, les aides bien organisées et pas conditionnées à des démarches administratives pléthoriques. » Et de s’interroger : « Pourquoi avoir écarté les aides directes dans le cadre des MAEC européennes ou encore prise en charge par l’État de deux années de cotisations MSA ? »
Depuis l’automne, les professionnels alertent sur la baisse des ventes en raison notamment de l’inflation. « Depuis plusieurs mois, rapportait l’Unaf en novembre, les apiculteurs français n’arrivent plus à écouler leur production de miel en vrac ou, lorsqu’ils trouvent acheteur, sont contraints de le vendre à un prix proche du simple coût de revient ». Une crise due à la « baisse de la consommation en grande distribution » qui trouve ses racines dans l’inflation et dans la « méfiance des consommateurs sur la qualité des miels proposés dans les rayons et notamment les miels d’assemblage », analysait l’Unaf.