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OCDE/FAO Face à la volatilité, d’abord augmenter la productivité agricole

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Le principal moyen de faire face à la situation désormais installée de prix élevés et très volatils est d’augmenter la productivité agricole mondiale. C’est l’axe fort du rapport annuel OCDE/FAO (1), publié le 16 juin, qui propose des mesures pour augmenter la productivité.

La publication annuelle, Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2011-2020, sortie le 16 juin, propose aux dirigeants des pays du monde des mesures pour faire face aux prix alimentaires élevés et à leur forte volatilité, et parmi ces mesures, la principale est d’augmenter la productivité agricole.
Le constat des deux organisations internationales est que la volatilité s’installe. « La volatilité pourrait bien perdurer », indique le rapport, qui consacre un « dossier spécial » de 29 pages à la volatilité et aux moyens de l’atténuer.

Un appel à la recherche

Les mesures visant à augmenter la productivité et la capacité de résistance de l’agriculture « nécessiteront d’importants investissements, sachant que si la hausse des prix des produits se transmet aux producteurs dans de bonnes conditions, soutenues par des politiques agricoles efficaces, les investissements privés tireront la croissance ». Le secteur public, « lui aussi, doit investir, notamment dans le domaine de la recherche et du développement agricoles, en ciblant l’agriculture à petite échelle, pour lui permettre d’augmenter sa productivité et sa résistance face aux aléas météorologiques ». Des investissements publics, autres qu’agricoles, « sont également requis », afin d’améliorer le cadre institutionnel général, ainsi que les infrastructures, telles que les routes et les moyens de communication, les approvisionnements en eau saine, les services de santé et l’éducation.
Le rapport préconise également la réduction des pertes, du stockage des denrées à leur utilisation finale. « Une grande quantité de produits agricoles et alimentaires sont perdus », qu’il s’agisse de pertes après récolte, de déchets de transformation ou de gaspillage par les consommateurs. Améliorer les pratiques de gestion, les installations de stockage et l’éducation, a « pour effet immédiat d’augmenter les approvisionnements », souligne le rapport.

Marchés : la qualité de l’information, enjeu stratégique

En dehors de l’augmentation de la productivité, les deux organismes auteurs préconisent des mesures portant sur les marchés. Ainsi, il faut des informations commerciales de meilleure qualité. Or, ces dernières années, « les gouvernements ont pris des décisions basées sur des informations commerciales incomplètes ». Pire, « de l’avis de certaines parties prenantes, la situation pourrait même être en train de se détériorer ». Le secrétariat du Conseil international des céréales a exprimé sa préoccupation quant à la baisse de disponibilité des données nationales dans certains pays, et quant aux possibilités de coupures de financements pour les statistiques et le suivi des cultures, s’inquiètent les deux organisations internationales.
Celles-ci estiment que « davantage d’efforts devront être consentis pour perfectionner les systèmes nationaux et internationaux qui permettent de surveiller les plantations et d’évaluer les perspectives de production ».
Par ailleurs, cette édition de Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO recommande un meilleur fonctionnement des marchés, notamment « des règles applicables à l’ensemble des bourses et des marchés à terme, surtout pour les opérations négociées de gré à gré en dehors des bourses de marchandises règlementées ». « Des données complètes et cohérentes devraient être collectées et déclarées, y compris sur les transactions conclues hors marché ». Cela « afin d’améliorer la transparence et de permettre aux acteurs et aux autorités de régulation de comprendre ce qui détermine les prix ».
L’étude aborde la question des biocarburants. S’il advenait que les prix du pétrole augmentent sensiblement, avec de fortes fluctuations se communiquant aux matières premières alimentaires, il conviendrait de prendre des mesures permettant « de transférer une partie des matières premières agricoles non alimentaires vers un usage alimentaire ». Cela dans les périodes de pénurie alimentaire extrême ou de flambée des prix, « même si l’on ne sait pas comment mettre en place de telles pratiques ni quelles en sont les implications pour les mesures de soutien existantes ».

(1) OCDE : Organisation de coopération et de développement économiques. FAO : Agence des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.

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