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Qualité Faire reconnaître par l’Europe la dénomination « produits de montagne »

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La veille de la journée mondiale de la montagne, une initiative des Nations Unies qui s’est tenue le 11 décembre, le Centre national interprofessionnel de l’économie laitière a exposé sa position visant à faire reconnaître par l’Europe la dénomination « produits de montagne ».

Les professionnels du secteur laitier espèrent de la consultation menée jusqu’au 31 décembre par la Commission sur la politique de la qualité, l’introduction de la notion de « produits de montagne ». Cette consultation doit conduire à un « livre vert » de la Commission sur la politique européenne de la qualité.

La notion de produits de montagne existe en France depuis une loi de 1985, mais elle n’a pas pu être étendue au niveau européen. Le logo « produits de montagne » ne peut plus être utilisé qu’à titre privé. Or, les deux-tiers de la production de lait de montagne en France sont écoulés sur le marché banal, un tiers seulement étant valorisé sous forme d’AOC. En outre, la fin, en mars 2015, des quotas laitiers, qui « territorialisaient » la production laitière, nécessite une marque explicite du territoire, a indiqué Henri Nayrou, président de l’Association nationale des élus de la montagne (Anem) et député PS de l’Ariège.

Plus près du commerce équitable que des signes de qualité

Les professionnels cherchent donc un label « produits de montagne », dans une démarche comparable à celle du commerce équitable, a expliqué Anne Richard, directrice « économie et qualité » au Cniel.

Pour l’instant ce label utilisé à titre privé est pratiqué par des entreprises de produits laitiers, de viande porcine et ovine et des eaux minérales, sous la houlette de l’association « Altitude ».

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Si cette dénomination est reconnue, quels liens avec les signes de qualité existants, comme les AOC ? « La question reste ouverte. Rien n’est décidé pour le moment », a répondu Anne Richard. Une telle dénomination serait plutôt complémentaire à celle des signes de qualité, tout comme peut l’être le commerce équitable, a-t-elle précisé.

En montagne, les coûts de production du lait sont de 4 à 15% plus élevés qu’en plaine pour les éleveurs, selon le Cniel. Les entreprises laitières doivent assumer un surcoût moyen de collecte de 12 euros pour 1 000 litres de lait. « Dans ce contexte, la filière laitière de montagne doit proposer des produits qui se différencient du marché », a ajouté Anne Richard.

La cause des produits de montagne « de qualité » est portée par une association, Euromontana. Son président, André Marcon, a indiqué cinq critères que devraient présenter les produits dignes de bénéficier de ce label : la matière première doit provenir d’une zone de montagne ; la transformation doit être réalisée en zone de montagne ; les productions doivent prendre en compte les préoccupations liées au développement durable ; les productions doivent rechercher à favoriser le maintien de la biodiversité et du patrimoine des zones de montagne ; enfin les producteurs doivent pouvoir garantir à tout moment la transparence des informations au consommateur.