S’il fallait une preuve montrant que les pays occidentaux n’ont pas l’intention de changer grand’chose à leur politique de libéralisation des marchés alimentaires, le dernier sommet de la FAO à Rome vient d’en apporter une. Pas un des dirigeants des grands pays développés ne s’y est rendu, hors un Berlusconi voisin qui ne pouvait évidemment se défiler. Après un G20 volontariste sur la nécessité de financer l’investissement agricole on aurait pu s’attendre à ce que ce volontarisme se prolonge à Rome.
Tout ceci n’est pas indifférent pour les agriculteurs occidentaux et français en particulier. Cela signifie que la volonté de réguler les marchés agricoles reste quasi-inexistante sur la planète. Le dogme de la confiance laissée au marché, même lorsqu’il s’agit de nourrir les pays pauvres, a la peau dure. Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso ainsi que sa commissaire à l’agriculture Mariann Fischer Boel l’ont dit très clairement : c’est le commerce et l’accès au marché qui sont censés améliorer l’alimentation de la planète. Dans cet esprit, ce sont les agriculteurs qui doivent se mettre au diapason de la libéralisation des marchés plutôt que la politique agricole qui doit s’adapter aux besoins d’une production locale forte.
Pourtant, à en croire les experts qui observent les marchés des grandes cultures, ceux-ci vont être plus erratiques que jamais en raison des masses financières qui se déplacent ici où là, s’investissent de manière fluctuante : un coup sur les produits financiers, un autre sur les matières premières industrielles ou encore un autre sur les produits agricoles. Ceci va assurément provoquer des dégâts chez les paysans du sud comme du nord et les empêcher d’investir. Mais les dirigeants absents de la FAO apparemment n’en ont cure.

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