> Face à la détermination de certains commissaires d’appliquer strictement les normes sanitaires de l’Union européenne aux pays nouveaux venus, quelque 300 entreprises polonaises demandent une période de sursis pour s’adapter.
L’élargissement du 1er mai sera-t-il un couperet pour les entreprises des nouveaux pays adhérents ? A l’approche du « jour J », les commissaires européens chargés respectivement de l’élargissement et de la protection des consommateurs ne semblent pas exactement sur la même longueur d’onde. Le premier, Günter Verheugen estimait dernièrement que l’UE « n’aura pas besoin d’appliquer des mesures de sauvegarde », même si, il l’admet, certains ne seront pas tout à fait prêts. « Si des établissements de production alimentaire dans un ou plusieurs Etats membres ne sont pas conformes aux normes communautaires, ils ne pourront tout simplement pas exporter leurs produits sur le marché intérieur », prévoit-il.
D’ailleurs, la situation n’est pas rose en matière de sécurité alimentaire chez les anciens de la classe, souligne le commissaire à l’Elargissement : « Pas moins de 2 228 procédures d’infraction contre les membres actuels » sont en cours pour des lacunes ou défauts de leurs systèmes.
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286 dérogations
On est loin des annonces de fermetures d’usines lancées depuis plusieurs mois par la Commission de Bruxelles. D’ailleurs, selon des sources communautaires, David Byrne, chargé de la protection des consommateurs, aurait été surpris par la prise de position de son collègue.
Face à ces incertitudes, Wojciech Olejniczak, le ministre de l’Agriculture polonais, préfère prévenir : il a demandé à David Byrne des délais supplémentaires pour 286 établissements agroalimentaires qui, à ce jour, ne sont pas parvenus à s’adapter aux normes de l’Union européenne. Ils ne seront pas plus prêts le 1er mai prochain. Les périodes tran-sitoires demandées par la Pologne varient entre six mois et un an. Elles concernent surtout des entreprises des secteurs de la viande et des produits laitiers. Les firmes en question ne pourraient pas exporter leur production tant qu’elles ne seraient pas aux normes. Mais les dérogations leur permettraient de ne pas fermer purement et simplement. Pour justifier sa demande, le ministre polonais met en avant un retard dans le paiement d’aides promises par l’UE au titre du programme Sapard. Ce retard aurait différé les investissements des entreprises.