Les industriels, Ferrero en tête, se lancent dans la valorisation des coproduits issus des noix, noisettes et autres pistaches pour créer de nouveaux packagings éco-conçus, mais aussi de l'énergie.
Et si l'on pouvait acheter des barres de chocolats aux noisettes emballées avec des coquilles de noix ? Un rêve qui sera bientôt réalité grâce à l'innovation sur les packagings, d'après ce que révèle le journal britannique The Guardian le 21 avril. Les enveloppes et coquilles de noix, noisettes, noix de macadamia, noix de cajou, amandes et pistaches s'avèrent en effet être des ressources valorisables.
Le premier producteur de chocolats au monde, l'italien Ferrero (8,412 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2014, en croissance de 3,9 %, 35 000 collaborateurs) vient d'investir 1,2 million d'euros dans un programme de recherche et développement afin de valoriser les coproduits issus des noisettes, pour en faire des packagings. Premier acheteur de noisettes au monde et aussi premier producteur depuis l'achat d'Oltan en 2014, Ferrero utilise 25 % de l'approvisionnement mondial pour la confection de ses chocolats et notamment du Nutella. 180 millions de kilos de sa fameuse pâte à tartiner sont produits chaque année et revendus dans 160 pays. « Nous avons accès à une large quantité de résidus que nous voulons utiliser à bon escient », remarque un chef de projet chez Ferrero.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
D'autres projets de valorisation des coproduits sont en train de voir le jour ailleurs. NEC, au Japon, travaille sur la cellulose présente dans la coquille de la noix de cajou. Une ressource abondante, 80 milliards de tonnes par an, qui pourrait remplacer l'amidon. En Australie, Suncoast Gold Maca-damias, premier producteur de noix de macadamia au monde avec 6 000 tonnes par an, génère 4 000 tonnes de coquilles. Il vient d'investir 2,23 millions d'euros afin de les transformer en 9 500 MégaWatt heures d'énergie. La Turquie, troisième producteur de pistaches au monde, après l'Iran et les Etats-Unis, construit une éco-ville dans laquelle les coquilles de pistaches brûlées servent d'énergie. En Afrique sub-saharienne, les coquilles des cacahuètes et des amandes sont déjà transformées en bio fuel. Pour ce projet, Ferrero fait équipe avec Stora Enso, entreprise scandinave leader sur le marché des emballages recyclables qui cherche à valoriser le papier, le bois et les biomatériaux (10,2 Mrd€ de chiffre d'affaires en 2014 et 27 000 collaborateurs dans 35 pays). Tous deux sont accompagnés par l'institut de recherche allemand PTS. Le projet, financé à 50 % par l'Union européenne, est actuellement en phase expérimentale. Il devrait aborder la phase préindustrielle d'ici la fin de l'année.