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Fertilisation : des bonnes pratiques « largement mises en œuvre »

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L’association Ceres a dévoilé le 31 mai une étude d’Agrosolutions (InVivo) montrant un « large » déploiement des exigences de son référentiel sur la fertilisation. Des marges de progrès existent néanmoins.

Les bonnes pratiques de fertilisation sont « largement mises en œuvre », a souligné le vice-président Jean-Luc Pradal, lors d’un colloque de l’association. Ceres, Cercle de réflexion pour une fertilisation efficace et responsable, promeut un référentiel basé sur 24 exigences obligatoires et voies de progrès. Leur déploiement est quantifié par Agrosolutions, dont l’étude couvre 1,345 million d’hectares bénéficiant de conseils en grandes cultures (10 % de la SAU française) lors de la campagne 2013-14.

« Plusieurs exigences obligatoires ont un taux de déploiement supérieur à 50 % », a souligné Pierre Compère, responsable filière du bureau d’études. Si 70 % des surfaces sont concernés par des analyses de terre, la proportion tombe à 39 % en considérant une fréquence de moins de cinq ans. 51 % des surfaces en blé tendre reçoivent une dose d’azote en fonction de la variété. Pour 55 % des surfaces en colza, une mesure de la biomasse a lieu en sortie d’hiver afin d’ajuster la fertilisation azotée. Mais seules 23 % des exploitations combinent les trois exigences en termes d’analyses de terre, prise en compte de la variété de blé, mesure de la biomasse en sortie d’hiver pour le colza.

L’étude montre aussi que dans 100 % des cas, il y a calcul de la dose d’azote prévisionnelle selon la méthode du bilan. 93 % des surfaces en blé reçoivent des doses d’azote fractionnées en plus de deux apports minéraux.

« Des engrais azotés meilleurs que d’autres »

Au chapitre des voies de progrès, Agrosolutions chiffre à 26 % les surfaces avec ajustement de l’azote sur les derniers apports via un outil de pilotage en végétation. 47 % des exploitations comptent plus de trois cultures dans leur assolement et 25 % intègrent des légumineuses. Une autre exigence est de « privilégier des formes d’engrais azoté moins sensibles au phénomène de volatilisation ». Or, 47 % des surfaces reçoivent les formes les plus sensibles, urée ou solution azotée, d’après l’étude. L’association Ceres entend « faire savoir que des produits sont meilleurs que d’autres » pour l’environnement, a déclaré Jean-Luc Pradal.

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Le référentiel Ceres est présenté comme une compilation des bonnes pratiques de fertilisation mises en place dans le cadre de 18 cahiers des charges. Exemple avec le programme LU’Harmony chez le spécialiste des biscuits Mondelez. Sa charte de développement durable pour le blé prévoit notamment l’utilisation d’analyses de sol tous les six ans, d’outils de pilotage des apports d’azote, a détaillé la responsable Flora Schmitlin.

Scara a développé ses propres outils de pilotage de l’azote, a signalé Philippe Michonneau, en charge de l’agronomie. La coopérative auboise est par ailleurs attentive aux apports en fer, sa zone de production étant située en terrain crayeux. « Des corrections en fer peuvent entraîner un gain de 0,2 à 0,3 point de protéines », a-t-il indiqué.

Ce qui amène Philippe Eveillard, de l’Unifa (industries de la fertilisation), à prôner « un équilibre de l’ensemble des éléments nutritifs ». « On parle beaucoup de l’azote, peut-être trop », a-t-il lancé, estimant qu’« on ne s’occupe pas assez des oligo-éléments ».

L’association Ceres promeut un référentiel basé sur 24 exigences de fertilisation