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Crédits de CO2 Feu vert de Borloo aux crédits CO2 des déshydrateurs

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Le ministre de l’Écologie Jean-Louis Borloo a validé le 19 mars les premiers « projets domestiques » de valorisation du CO2 non émis par un secteur agricole, en l’occurrence la filière de la luzerne déshydratée, a annoncé Coop de France Déshydratation le 22 mars.

Les premiers « projets domestiques » agricoles de valorisation du CO2 non émis devraient voir le jour. D’après Coop de France Déshydratation, qui rassemble les coopératives de déshydratation de fourrages, le ministre de l’Écologie a donné le 19 mars son feu vert au programme de valorisation de crédits de CO2 de la filière de la luzerne déshydratée. Par « projets domestiques », il faut entendre les projets, régis par l’article 6 du protocole de Kyoto, de réduction d’émissions de CO2 des secteurs économiques comme l’agriculture, qui ne sont pas les grands émetteurs de gaz à effet de serre comme les cimentiers, sidérurgistes, verriers, fabricants d’électricité, et qui eux sont assujettis aux quotas d’émissions.

La luzerne étalée au soleil
Le programme de projets domestiques des coopératives de déshydratation de luzerne consiste, pour 16 usines du secteur et leurs producteurs, à vendre les tonnes de CO2 qu’ils ont évitées de rajouter dans l’atmosphère, grâce à des économies d’énergie et à l’utilisation d’énergies non fossiles.
La facture de consommation de carbone est allégée d’une part aux champs, en étalant la luzerne pour qu’elle sèche davantage au soleil, et d’autre part en usine, en remplaçant en partie le charbon par de la biomasse-combustible (résidus forestiers, miscanthus).
Ces nouvelles techniques ont nécessité plus de deux années de travail de conception du matériel de fauche et de réglage des fours, surcoûts qui justifient les crédits de carbone, a expliqué Josselin Andurand, ingénieur conseil à Coop de France Déshydratation.
L’étalement de la luzerne nécessite 10% de salariés en plus sur les chantiers de récolte : au lieu de récolter de la luzerne en andain comme cela se fait dans les méthodes classiques, il faut, dans ces nouvelles pratiques, la rassembler, une fois séchée. Cette méthode permet aux coopératives de rentrer de la luzerne à 71,5% d’humidité, contre 75% jusque là, et donc d’économiser de l’énergie pour le séchage.

650 000 tonnes de CO2 à vendre
À l’usine, la biomasse-combustible (pour l’instant essentiellement des résidus forestiers) est mélangée au charbon. Les essais menés depuis 2007 ont montré que les résidus forestiers peuvent se substituer au charbon à hauteur de 40% sans changer les fours.
La filière devrait ainsi vendre 650 000 tonnes de CO2, sur la période 2008-2012, période prévue par Kyoto pour les projets domestiques. Le prix est de 10,5 euros la tonne, soit un total de 6 825 000 euros. Le calcul des tonnes de CO2 évitées est réalisé par plusieurs bureaux certificateurs accrédités par l’ONU, dont Véritas ainsi que le certificateur allemand DNV.
Ces crédits de CO2 seront vendus à 80% à la Caisse des Dépôts, qui les cèdera sur le marché des quotas, et à 20% à l’électricien allemand RWE.

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