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Concurrence Feu vert de Bruxelles pour la reprise d’Allied Domecq par Pernod Ricard

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La Commission européenne a décidé, le 24 juin, de ne pas s’opposer au rachat par Pernod Ricard du britannique Allied Domecq. Toutefois, l’autorité de la concurrence exige des petites concessions supplémentaires de la part du Français qui avait déjà proposé un allégement de son portefeuille de marques en s’alliant, pour cette opération, à Fortune Brands.

Des classeurs. Deux mètres d’archives soigneusement rangées sur une étagère. Voilà ce qu’il reste de plus d’un mois de tractations entre Pernod-Ricard et la Commission de Bruxelles pour le rachat, par le français, d’Allied Domecq. Dans l’après-midi du 24 juin, le gendarme de la concurrence a donné son feu vert sous condition au spécialiste du pastis devenu, depuis le rachat de Seagram en 2000, un géant mondial des vins et spiritueux. Il a donc décroché le précieux sésame en évitant une procédure d’examen approfondie, synonyme de cinq mois d’incertitudes. Le calendrier bruxellois ne va pas entraver le calendrier boursier de l’OPA.

L’expérience de Seagram

Pour faciliter la procédure, Pernod Ricard a engagé des négociations avec la Commission européenne un mois avant d’avoir affiché publiquement sa volonté de racheter Allied Domecq. Fort de l’expérience acquise lors de l’acquisition de Seagram, le marseillais a défini à l’avance les concessions qu’il devra faire pour passer avec succès l’examen de son dossier par Bruxelles.

Cinq avocats y ont travaillé. Ils se préparaient à répondre aux questions d’une équipe de sept à huit fonctionnaires chargés d’examiner tous les risques de puissance excessive posés par l’opération. Allié à Fortune Brands, Pernod Ricard a proposé de céder plusieurs marques.

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Nouvelles concessions au Portugal et en Ecosse

Fortune Brands ferait main basse sur le cognac Courvoisier, le whisky Canadian Club, le bourbon Maker’s Mark, la tequila Sauza, le scotch Laphroaig, le gin Larios en Espagne, les vins californiens dont la marque Clos du Bois ainsi que sur les principales marques locales d’Allied Domecq en Espagne, au Royaume-Uni et en Allemagne. Bruxelles a approuvé la démarche 889 du 23.06.05, p12., mais a exigé d’autres concessions au terme des vingt jours d’examen. Dix jours supplémentaires sont prévus par la procédure. Le temps pour l’entreprise de proposer d’autres aménagements. Si Pernod Ricard mène à bien son OPA, il s’est engagé, en plus de tout le reste, à alléger son portefeuille des whiskies écossais Glen Grant, Old Smuggler et Braemer ainsi que des marques portugaises de brandy, 1920 et CR&F. Par ailleurs, deux accords de distribution devront être cassés. Ils concernent le whisky irlandais Tullamore Dew et le champagne Moët et Chandon au Portugal. Bruxelles a alors délivré l’autorisation.

« Un solide numéro 2 »

« Cette étape est une étape importante dans la transaction », s’est félicité Patrick Ricard, dans un communiqué. Il a rappelé que l’opération permettrait au groupe de devenir un « solide numéro 2 mondial du secteur des spiritueux et numéro 4 de celui des vins ». Mais « la concurrence restera effective dans tous les marchés concernés », a noté Neelie Kroes, la commissaire à la concurrence.