Les syndicats ont identifié plusieurs points réclamant leur vigilance dans la proposition du gouvernement sur les phytos qui doit être soumise à concertation. Le premier porte sur la proposition de nationaliser des décisions s’agissant des substances préoccupantes. « Nous avons de fortes inquiétudes car on sent une volonté de faire du franco-français », explique Éric Thirouin, responsable environnement de la FNSEA. La crainte de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs est, notamment la distorsion de concurrence. « Retirer des substances du marché ? Ok. Mais avec trois conditions, explique Céline Imart, vice-présidente des JA. Nous ne voulons pas d’impasses techniques. Ensuite, nous ne voulons pas de décision franco-française qui introduirait des distorsions de concurrence avec les autres États membres. Enfin, nous demandons que les évaluations scientifiques de l’Anses soient respectées ». La Conf' propose « d’élargir le contenu de la clause de sauvegarde aux distorsions de concurrence », explique Emmanuel Aze, son chargé du dossier pesticides.
Sur la révision du mode de calcul de la redevance pollution diffuse (RPD), les syndicats attendent tous des précisions. D’ici là, la FNSEA et les JA rappellent leur opposition à une nouvelle « fiscalité punitive ». La Conf' demande un rehaussement de la RPD, « au moins au niveau des externalités négatives causées par les phytos ». Par ailleurs, des précisions sont attendues sur les zones d’intérêt écologique. Céline Imart explique : « Sur le principe de protéger la biodiversité, nous sommes pour, évidemment. Mais il existe déjà une douzaine de zonages dédiés. Pourquoi ne pas commencer par évaluer ces zonages plutôt que d’en créer un nouveau ? »
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Concernant les propositions sur la recherche d’alternatives, la FNSEA et les Jeunes agriculteurs sont d'accord. « C’est là que nous trouverons des solutions pour les agriculteurs », commente Céline Imart. En revanche, Emmanuel Aze estime que cette proposition « laisse penser qu’il n’y a pas d’alternatives techniques. Or, il y en a, affirme-t-il. L’impasse est économique. »
"Il y a des alternatives techniques, l’impasse est économique"