Une nouvelle fois, le groupe Lactalis aura été sous les feux de l’actualité, un comble pour une société qui a toujours souhaité privilégier la plus grande discrétion et ne recherche guère l’exposition dans les media. Seul le rachat de l’Italien Parmalat, il y a tout juste un an, l’a contraint à lever le voile sur ses comptes qu’il n’avait jusqu’alors jamais publiés. Et pour une fois, la société familiale quittait un peu le rôle du « méchant » en faisant des concessions face aux producteurs de lait, consentant enfin à reprendre le fil des négociations, ce qu’il repoussait depuis des mois. À tel point que le ministre de l’Agriculture avait dû entrer en jeu pour l’appeler à plus de souplesse. Il aura cependant encore fallu des manifestations de ses fournisseurs à Laval et à Paris pour peser sur l’entrevue consentie aux éleveurs, en présence du médiateur. Celle-ci n’a pas encore abouti à un accord en bonne et due forme, comme ont pu en parapher ses concurrents industriels, mais il s’agit d’un premier pas important, même si celui-ci demande de laisser du temps au temps. Les organisations syndicales n’ont pas manqué de saluer cette avancée qui permet de renouer le fil, mais elles réaffirment leur vigilance, ayant été échaudées dans le passé. À peine cet épisode provisoire bouclé, le groupe d’Emmanuel Besnier réapparaissait dans les journaux, au titre d’un conflit qui l’oppose, ainsi que deux de ses concurrents, aux producteurs de camembert. Un nouvel habit de méchant que le groupe se serait bien dispensé d’endosser, d’autant qu’il a d’autres vertus à faire valoir.
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