Agri éthique soutient 6 500 emplois, ont affirmé le 29 septembre les membres de cette démarche de commerce équitable, qui fête trois ans d’existence et une première boulangerie en Ile-de-France. L’accent est mis sur un juste partage de la valeur au sein de la filière blé. Ses contrats de trois ans à prix fixe sont reconduits.
« Agri éthique, c’est 5 954 emplois directs, générés par les partenaires, et des emplois indirects : 288 “productifs”, générés par les fournisseurs, 315 “distributifs”, créés par les dépenses des ménages, fournisseurs et partenaires », a indiqué le directeur général Ludovic Brindejonc en conférence de presse.
Lancé en 2013 à partir d’un contrat de trois ans à prix fixe d’environ 175 euros la tonne de blé payée au producteur, le pacte Agri éthique est reconduit sur les mêmes bases tarifaires. « Les contrats sont renouvelés avec des volumes en hausse pour répondre à la demande » côté transformation, a-t-il déclaré. « Le prix est maintenu : il tient compte du coût de revient dans chaque région de production » de blé, a insisté Ludovic Brindejonc, soulignant la déconnexion par rapport au marché mondial orienté à la baisse.
Agri éthique représente aujourd’hui plus de 40 000 tonnes de blé tendre, avec 600 agriculteurs, 10 organismes stockeurs (et bientôt 12), 15 meuniers, 600 boulangers, 4 industriels. Partant de Vendée sous l’impulsion de la coopérative Cavac, la démarche a gagné tout le littoral atlantique, jusqu’à la région toulousaine et le grand quart Sud-Est. Elle arrive à Paris avec comme nouveaux partenaires les Moulins Fouché, la Coopérative Ile-de-France Sud (France Gâtinais Céréales).
Un commerce équitable Nord/Nord
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« Notre argumentaire a changé, a expliqué Ludovic Brindejonc (Cavac). L’idée initiale d’Agri éthique était de trouver avec les meuniers locaux une parade à la volatilité des prix de matières premières. On a un autre cheval de bataille : le commerce équitable Nord/Nord, surtout depuis la sortie du décret fin 2015 » sur une nouvelle définition du label incluant les pays développés.
Agri éthique met désormais l’accent sur la promesse de garantir un revenu aux agriculteurs, d’agir en faveur de l’environnement et de préserver l’emploi local. Etude à l’appui, la filière revendique son poids dans l’économie, à savoir 188 millions d’euros de flux générés.
« Notre démarche se veut très locale », a souligné Vincent Fouché, à la tête des moulins du même nom. « Le pacte signé avec Agri éthique porte sur un approvisionnement à 40 kilomètres autour du site de transformation, pour des clients boulangers à moins de 100 kilomètres à la ronde. » Aux yeux de la Coopérative Ile-de-France Sud, l’intérêt réside aussi dans le partage équitable de la valeur au sein de la filière. « Depuis quatre campagnes, le prix de marché est inférieur au coût de revient, qu’on estime autour de 165 euros la tonne de blé, a signalé le commercial céréales Patrick Beauvillard. Agri éthique garantit 180 euros la tonne sur trois ans. »
Un pacte qui réunit 600 agriculteurs, 10 organismes stockeurs, 15 meuniers, 600 boulangers, 4 industriels