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Porc Filière porcine : ni l’accord du 3 mai ni le contrat interfilières ne sont appliqués

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La Fédération nationale porcine (FNP) regrette que l’accord du 3 mai, sur la modération des marges, ne soit toujours pas mis en action alors que le secteur s’enfonce dans la crise. Les industriels (FICT) viennent enfin de signer l’accord ce qui pourrait faire bouger les choses. Par ailleurs le plan de soutien à la mise aux normes « bien-être animal » (60 millions d’euros) a du mal à convaincre les éleveurs qui manquent de moyens.

Concernant l’accord du 3 mai sur la modération des marges, « il manque le service après-vente », a regretté Jean-Michel Serre, lors d’une conférence de presse le 6 septembre. Pour le président de la Fédération nationale porcine (FNP), « on n’entend plus le ministre sur ce dossier » alors que l’accord n’est pas appliqué, notamment dans le secteur porcin qui est toujours en crise. Bonne nouvelle néanmoins, la FICT (Fédération française des industriels charcutier traiteurs) a finalement annoncé le 7 septembre, lors du conseil d’administration d’Inaporc (interprofession), qu’elle acceptait de signer l’accord. C’était la dernière fédération de l’interprofession qui rechignait encore. « Plus rien ne s’opposant à l’application de cet accord pour le secteur porcin, nous demandons au ministre de l’Agriculture, compte tenu des très grandes difficultés des éleveurs, de réunir rapidement tous les signataires afin d’engager les discussions et de revaloriser le prix payé aux producteurs », demande la FNP. Le refus du président de la FICT de signer l’accord avait jusqu’à présent « fait le jeu de la grande distribution », estime Jean-Michel Serre. Les producteurs de porcs comptent sur l’entrée en application de cet accord pour faire remonter les prix. En effet, le prix de l’alimentation animale reste élevé dans le sillage du cours des matières premières. Résultat : les coûts de production au kg restent, en moyenne, supérieurs au prix de vente. « On va vers une décapitalisation dans les régions de faible densité. Résultat, l’élevage va encore plus se concentrer dans l’ouest de la France », craint Jean-Michel Serre. Par ailleurs, le contrat interfilières n’est pas non plus appliqué. « Rien n’est fait en région », souligne Jean-Michel Serre. Alors que selon lui, cet accord pourrait être intéressant pour les éleveurs.

Coupler mise aux normes et modernisation

La FNP cherche à convaincre le ministère de l’Agriculture de coupler un plan de modernisation des bâtiments d’élevage à celui de mise aux normes « bien-être animal » pour les truies gestantes. En effet l’enveloppe de 60 millions d’euros débloquée il y a un an au Space pour la mise aux normes peine à être dépensée compte tenu des critères d’éligibilité. Seuls 6 millions issus de l’enveloppe auraient été consommés pour l’instant. « Aujourd’hui seuls les très gros élevages peuvent se moderniser, déplore Jean-Michel Serre. 21 à 22 000 euros d’aide en moyenne par élevage c’est insuffisant ». Pour convaincre les éleveurs d’investir, la FNP estime qu’il faudrait également soutenir la modernisation des bâtiment en utilisant, pourquoi pas, le reliquat des 60 millions qui n’aurait pas été dépensé. Le syndicat est en train d’évaluer ce qu’une telle mesure pourrait coûter, comme le lui demande le ministère de l’Agriculture.

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