Ce n’est pas le moindre des paradoxes que de voir qu’une profession, qui subit de plein fouet la hausse des prix de l’énergie, est en même temps un secteur capable de produire de l’énergie à grande échelle. Le problème qu’elle subit, elle a en partie les moyens de le résoudre. Il serait même ubuesque, vu de loin, qu’elle ne parvienne pas à lui trouver une solution. Mieux : pourquoi l’agriculture ne deviendrait-elle pas fournisseur de biodiesel également aux pêcheurs ? Elle contribuerait à résoudre en partie un problème de société. Avec, à la clef, une retombée positive en termes d’image des biocarburants et des agriculteurs chez le grand public.
Bien sûr, il faut régler les curseurs : que la filière définisse quelle quantité elle peut produire pour quel besoin ; que l’État fixe le régime fiscal applicable à une telle filière courte ; que les prix soient définis pour qu’une telle initiative soit gagnante pour les vendeurs comme pour les acheteurs.
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Depuis trente ans, la planète vit sous la pression d’une énergie de plus en plus chère. Depuis trente ans, on applique à ce problème des solutions de court terme ou pas à la hauteur de l’enjeu ; les économies d’énergie sont indéniables mais pas suffisantes ; la recherche sur des nouveaux moteurs, pour des petits marchés que sont par exemple les bateaux de pêche, ou encore la traction agricole, n’a pas donné les résultats escomptés. Or, le fait nouveau est l’apparition de nouvelles sources d’énergies indépendantes des matières fossiles. Alors, plutôt que de viser à remplacer une part des carburants pour le grand public, suscitant des débats sans fin avec les écologistes, le monde agricole ne devrait-il pas plutôt viser des marchés spécifiques et mettre en place des filières courtes ? À commencer par le marché de ses propres besoins.