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Fin des restitutions : « Nous avons le temps de nous organiser »

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Jean Martin, président de la CIAA > Présent à Hong Kong, le président de la Confédération des industries agroalimentaires de l’UE (CIAA) se dit satisfait de l’attitude des négociateurs européens. Et ce malgré la fixation d’une date pour la suppression des restitutions. Par ailleurs, après une vaste réorganisation menée depuis plusieurs mois, Jean Martin assure que ses équipes sont prêtes à défendre pied à pied les intérêts du secteur à Bruxelles.

Agra alimentation : Après plusieurs départs et de nouvelles arrivées, la CIAA est-elle en ordre de marche aujourd’hui ?

Jean Martin. Les ressources de la CIAA ont augmenté de 40 % et les équipes sont passées de 16 à 23 personnes en un an. C’est peu par rapport à l’industrie chimique dont l’association compte par exemple une centaine de personnes à Bruxelles. Mais cela nous suffit pour remplir notre mission. Nous nous concentrons sur les enjeux propres aux entreprises agroalimentaires. En fonction des sujets, nous pouvons compter sur 300 à 350 experts que nos membres mettent à la disposition de la CIAA.

L’industrie est-elle dans un environnement favorable sur le plan politique à Bruxelles ?

Malgré ses faiblesses, je sens que la Commission actuelle est soucieuse de la compétitivité des entreprises. La compétitivité de l’agroalimentaire passe surtout par l’adoption d’un cadre réglementaire qui facilite l’innovation. C’est en faisant cela que nous parviendrons à remplir les objectifs de l’agenda de Lisbonne. Car la croissance des industries agroalimentaires en Europe ne passera pas par l’augmentation des calories consommées. Elle passe par la progression de la valeur ajoutée, par des produits innovants qui apportent des bénéfices spécifiques aux consommateurs. Il faut nous permettre de le faire en facilitant l’investissement dans la recherche. Et il y a d’autres mesures à même d’améliorer notre compétitivité comme par exemple l’extension au niveau international des standards européens notamment en matière de sécurité alimentaire.

Vos intérêts ont-ils bien été pris en compte à Hong Kong ?

C’est une grande victoire qu’Hong Kong n’ait pas été un échec. Bien sûr, tout reste à faire. Les négociateurs européens ont fait un excellent travail. Les commissaires nous soutiennent et nous comprennent. Il faut que les choses avancent sur l’accès au marché. Pour le moment rien n’a été fait sur ce sujet.

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Reste que l’industrie était opposée à la fixation d’une date pour la suppression des restitutions.

La date de 2013 nous laisse du temps pour nous organiser. Nous comprenons les raisons qui poussent à la suppression de ce mécanisme car d’une façon générale, nous sommes favorables aux réformes qui rapprochent la Pac des mécanismes de l’économie de marché. Reste que cela doit se faire en respectant deux parallélismes : la suppression des mécanismes similaires mais plus opaques de la part de nos partenaires américains, australiens et néo-zélandais, tandis que, sur le plan intérieur, pour maintenir notre capacité à l’exportation, l’industrie doit avoir accès à des matières premières compétitives.

Une réforme de la Pac en 2013 ou 2014 est annoncée. Qu’en attendez-vous ?

Notre seule requête est d’avoir accès à des matières premières compétitives. Nous sommes clients de l’agriculture européenne. Elle a comme atouts d’être proche de nous, de fournir des produits de qualité et sûrs. Il est plus compliqué de pallier une rupture de stock quand le fournisseur se trouve au Brésil plutôt qu’en Europe. A mes yeux, la réforme de la Pac est déjà bien engagée depuis 2003 avec en particulier le découplage.