Le 22 septembre à 8 heures, les salariés de Raynal et Roquelaure ont repris le travail à l’usine de Camaret-sur-Aygues dans le Vaucluse après cinq semaines de conflit.
Sur les 200 personnes que compte le site de Camaret-sur-Aygues (84), 52 % des salariés s'étaient mis en grève le 18 août, réclamant une augmentation de salaire de 40 € et le départ du directeur, Christophe Bertin, nommé en juin dernier. Un mois après, un vote de 46 voix contre 30 a permis de mettre fin au conflit avec l’acceptation par le personnel gréviste d’une hausse de salaire qui diffère suivant les sources syndicales ou patronales. Jérôme Foucault et Mathieu Thomazeau, co-présidents de Cofigeo, la maison-mère, évoquent une augmentation de 23 € brut par mois et un lissage sur 40 mois des retenues des jours de grève.
Nouveau management
Les deux dirigeants restent fidèles à leur projet d’entreprise. « Nous voulons faire de cette usine, qui a beaucoup souffert de la crise équine (Spanghero, février 2013), un modèle tant sur le plan environnemental que managérial. Dans ce sens, nous avons toujours soutenu Christophe Bertin dans sa mission. Sur le plan social, nous restons fidèles à nos critères de performance tout en voulant développer le travail collaboratif avec les personnes qui maîtrisent le savoir-faire sur le terrain. Le directeur poursuivra sa mission de moderniser l’organisation de l’entreprise. Par ailleurs, cette usine, qui a investi sur de nouveaux process (4 M€ ces deux dernières années) va devenir autonome en énergie pour la moitié de ses besoins grâce à l’installation de 30 000 m2 de panneaux photovoltaïques, la mise en place de solutions de récupération thermique et de cogénération ainsi que la réduction de ses consommations par une multitude d’interventions sur ses équipements. Nous travaillons également sur les problématiques de traitement des eaux et d’épandages dans un environnement contraint ». A ce jour, 80 % des déchets bénéficient du recyclage.
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Pertes de production
Jérôme Foucault et Mathieu Thomazeau reconnaissent que le conflit, qui a débuté une semaine après la reprise à la suite des vacances d’été, a particulièrement dégradé l’activité, "sans trop affecter les clients, assurent les deux co-présidents. Nous travaillons à la marge avec des produits frais ce qui va nous permettre d’adapter notre plan de charge pour les mois à venir pour assurer nos engagements commerciaux ».
Annuellement, cette ancienne usine Buitoni rachetée en 2003, spécialisée dans la production de plats cuisinés italien (Zapetti), un des trois sites industriels du groupe, produit 100 millions de boîtes par an, dont 35 tonnes de raviolis, du taboulé et des sauces. Leader du ravioli en France, cette unité certifié Iso 22 000 s’est déjà illustrée par l’utilisation de d’emballages métalliques 100 % recyclables, la mise en place d’un plan senior, le développement des relations avec les producteurs locaux, les achats responsables, une préférence pour les légumes de saison, l’audit des fournisseurs et une démarche Iso 14 001.