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Financement : inquiétude des députés et des experts européens

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Les conséquences risquent d’être tragiques pour les zones rurales de l’UE sans un financement adéquat dans le cadre des prochaines perspectives financières 2007-2013 : experts et députés étaient unanimes sur ce point lors d’une audition publique organisée le 15 mars par la commission de l’agriculture du Parlement européen.

Les experts invités à donner leur point de vue sur la proposition de la Commission de Bruxelles étaient tous d’accord sur la question du financement. « Si on place la Stratégie de Lisbonne au centre des préoccupations communautaires, alors le développement rural devient fondamental : il s’agit ici de préserver l’emploi et de dynamiser les zones rurales.  La société s’intéresse au monde rural pour ses débouchés et les produits qu’il fournit, il faut donc profiter de cet intérêt », a expliqué Philippe Lacombe (Inra, France). Dans le même ordre d’idées, Andrea Fugaro (Coldiretti, Italie) a souligné que le développement rural doit être intégré aux autres politiques de l’UE. « Les citoyens qui vivent en zone rurale doivent bénéficier de la même gouvernance, des mêmes services et des mêmes infrastructures que les autres », a-t-il dit.

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Lors du débat qui a suivi, plusieurs députés sont revenus sur la question délicate de l’enveloppe budgétaire pour le développement rural, pour lequel 88,75 milliards d’euros (hors modulation des aides directes) sont prévus pour 2007-2013. « Il n’y aura pas de développement rural sans argent», a prévenu le rapporteur, Agnès Schierhuber(Parti populaire européen – PPE, Autriche). Elisabeth Jeggle (PPE, Allemagne) a estimé que « les débats qui ont lieu sur la réduction du budget de l’UE sont en complète contradiction avec les objectifs du développement rural » et que, « tôt ou tard, quelqu’un devra en payer le prix ».

Marie-Hélène Aubert (Verts, France) a souligné que « le financement du développement rural ne s’arrête pas à de simples concepts esthétiques visant à préserver le paysage des zones agricoles européennes ». « Le développement rural n’est pas non plus une rustine apposée sur la béance ouverte par les aides directes et les subsides, mais bien une partie intégrante de l’agriculture durable », a-t-elle dit. Pour sa part, Nils Busk(Alliance des démocrates et libéraux pour l’Europe – ADLE, Danemark), a soutenu que le développement rural permet « d’améliorer le paysage et la qualité de la vie dans ces régions ». « Il faut veiller à ce que les terres soient remises dans l’état où les agriculteurs les ont reçues ; dans cette optique, la réduction de la production a été bénéfique », a-t-il ajouté. Quant à Katerina Batzeli(Parti des socialistes européens – PSE, Grèce), elle a souligné que le financement des différents axes ne doit être qu’indicatif et doit « être complémentaire avec le financement prévu dans le cadre de la politique régionale ».