Après Iglo, Nomad souhaite reprendre Findus. Les deux groupes sont entrés en négociations exclusives la semaine passée. Ce scénario inquiète les salariés de Findus France, qui craignent la fermeture de l'usine Findus de Boulogne-sur-Mer (62).
Quelques semaines après la reprise d'Iglo pour 2,6 milliards d'euros (Agra Alimentation du 23 avril 2015), Nomad est en discussions exclusives avec Findus pour le rachat de ses activités en Europe continentale, a confirmé ce dernier le 4 juin. Le fonds serait prêt à mettre 800 millions d'euros dans l'opération, selon Le Figaro. Les « discussions préliminaires exclusives » entre Findus et Nomad « concernent les activités de Findus Europe du Nord (Suède, Norvège, Finlande, Danemark) et Findus Europe du Sud (France, Espagne Belgique) » mais pas Young's Seafood, filiale britannique spécialisée dans les produits de la mer, précise Findus dans son communiqué. Le groupe, prudent, indique également que « de ces discussions ne résultera pas nécessairement une transaction ».
Findus Group, racheté en 2008 par Lion Capital, est passé sous le contrôle de ses créanciers, JP Morgan et HighBridge (contrôlé par JP Morgan) en 2012, tandis que la part de Lion Capital dans l'actionnariat est tombée à environ un tiers.
VERS UNE STRATÉGIE AGRESSIVE DE RÉDUCTION DE COÛTS ?
Findus est le leader européen du marché du surgelé et des produits de la mer, avec un effectif de plus de 6 000 personnes et un chiffre d'affaires de 1,4 milliard de livres sterling en 2014 (1,9 milliard d'euros). Iglo a pour sa part réalisé un chiffre d'affaires de 1,5 milliard d'euros en 2014 avec les marques Birds Eye, Iglo et… Findus en Italie. Le groupe emploie 2 800 personnes et est présent dans onze pays.
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« En achetant deux des trois acteurs dominants du secteur, Nomad détiendra presque un tiers du marché du poisson surgelé en Europe de l'Ouest, ce qui renforcera son pouvoir de négociation avec les distributeurs », analyse Pinar Hosafci, analyste chez Euromonitor International dans une note du 3 juin. « En regroupant deux marques fortes, un fonds comme Nomad peut rapidement améliorer leur profitabilité grâce à une politique agressive de réduction des coûts – une stratégie similaire sous-tend la fusion de Kraft et Heinz », poursuit l'analyste.
LES SALARIÉS INQUIETS POUR L'USINE DE BOULOGNE-SUR-MER
C'est d'ailleurs un scénario de ce type qui inquiète les salariés de Findus en France, qui ont lancé un droit d'alerte le 4 juin. Ils craignent, si Findus rejoint Iglo, que la production de l'usine de Boulogne-sur-Mer soit transférée en Allemagne, ce qui condamnerait le site français. « On sait qu'il y a plusieurs repreneurs possibles. Or, les dirigeants donnent une préférence au groupe Nomad », ce choix signifie « un gros danger pour l'usine de Boulogne » car « un acquéreur à structure équivalente va obligatoirement – à un moment ou à un autre – rationaliser ses outils », a expliqué à l'AFP Esther Castaing, secrétaire du CCE et déléguée CFDT (premier syndicat). Outre Nomad, Florac, société de participations française fondée par Marie-Jeanne Meyer, actionnaire historique de Dreyfus, avait déposé une offre pour les activités de Findus en Europe du Sud. Ce n'est pas la première fois que le site de Boulogne-sur-Mer, qui emploie environ 200 personnes, est dans la tourmente. Le maintien du site a jusqu'ici été soutenu par Matthieu Lambeaux. Mais ce dernier a quitté son poste de p.-d.g. de Findus Europe du sud en mai.