La société de capital-risque britannique CapVest vient d’acquérir Findus auprès d’EQT Investor. Le montant de l’opération est estimé entre 550 et 650 millions d’euros. Via son holding FoodVest, qui contrôle déjà Young’s Seafood, leader des produits de la mer surgelés et frais en Grande-Bretagne, CapVest met la main sur une société au chiffre d’affaires de 450 millions d’euros – dont 170 millions réalisés dans l’Hexagone, où elle tient la place de leader. Si ses sites industriels sont complémentaires avec ceux de Young’s Seafood, des synergies seraient tout de même à prévoir, mais pas de restructuration. Findus pourrait ainsi faire son retour outre-Manche. Cette opération s’effectue dans un marché des surgelés en pleine consolidation.
Mis en vente il y a plus de deux ans et demi, Findus vient de trouver acquéreur. Via son holding FoodVest, la société de capital-risque britannique CapVest a signé un accord de vente avec EQT Investor. Ce fonds d’investissement suédois avait racheté auprès de Nestlé la célèbre marque de surgelés en janvier 2000. Pour un montant tenu secret, mais qui se situerait entre 550 et 650 millions d’euros selon les estimations, CapVest met la main sur une société qui réalise un chiffre d’affaires de 450 millions d’euros, possède 6 sites de production et emploie près de 2 000 personnes. Affichant 170 millions d’euros de chiffre d’affaires dans l’Hexagone, la marque y est leader du marché des surgelés avec plus de 6% de parts de marché. Si Findus est présent en France, Suède, Norvège, Finlande, Danemark et dans certains pays d’Europe de l’Est comme la République tchèque, la marque est également utilisée en Suisse par Nestlé et par Unilever en Italie.
La marque bientôt de retour au Royaume-Uni
« Considérant la bonne santé de Findus et en ayant FoodVest comme nouveau propriétaire, je suis certain que nous sommes dans de bonnes mains pour aller de l’avant», a commenté dans un communiqué Per Harkjaer, Chief Executive Officer de Findus. FoodVest n’est en effet pas un nouveau venu sur le marché européen du surgelé. Le holding contrôle déjà Young’s Seafood, leader des produits de la mer surgelés et frais en Grande-Bretagne. Les deux sociétés de surgelés devraient conserver leur organisation propre et poursuivre leurs stratégies de croissance « de façon indépendante », selon le communiqué de Findus. Complémentaires, leur parc industriel respectif ne devrait pas être sujet à une quelconque restructuration. Mais cependant, « cette opération apporte de nouvelles opportunités et des synergies intéressantes pourront être réalisées», confie Per Hakjaer pour Agra alimentation. Après avoir quitté le Royaume-Uni il y a quelques mois, Findus pourrait ainsi revenir planter son drapeau rouge et blanc dans les linéaires britanniques.
Un secteur en pleine restructuration
« Mais attention !, prévient un analyste de la Société générale, le marché outre-Manche est très différent du reste du marché européen. L’approche marketing doit y être différente, car si le consommateur anglais achète souvent et peu, le Français par exemple achète rarement mais beaucoup ». L’arrivée d’une nouvelle marque serait également délicate, les rayons britanniques étant déjà phagocytés par les MDD. Le phénomène touche d’ailleurs plusieurs marchés, comme celui de l’Hexagone, « surencombré en terme de marque et mal délimité».
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La restructuration en marche du secteur au niveau européen pourrait à terme mettre un peu d’ordre. A l’origine, « le business du surgelé était protégé par une barrière à l’entrée, basée sur le coût élevé de la technologie du froid, explique l’analyste déjà cité. La rentabilité était ainsi garantie par l’intensité capitalisitique. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, le développement des MDD ayant offert des volumes suffisants aux sous-traitants pour s’installer. » Souffrant d’une baisse de fréquentation et d’une certaine inertie, le rayon, très dévalorisé par la pression du hard-discount et des MDD (46,2 % de parts de marché en France), apparaît sinistré. Et en quête de rentabilité dans une conjoncture plutôt morose, les industriels cherchent logiquement à s’en dégager : ainsi Unilever, qui pourrait annoncer ces jours-ci la cession de ses marques Iglo et Birds Eye, ou encore Heinz (voir par ailleurs dans ce numéro) qui a décidé il y a six mois de se séparer de sa branche surgelés sur le Vieux continent.
Un consortium pourrait émerger autour d’un fonds d’investissement. Il s’agit de gagner en taille critique et créer un acteur de poids, avec assez d’assise pour réorganiser le rayon, quitte à tuer des marques pour réduire la pression concurrentielle. CapVest s’engagerait-il dans cette voie ? « La consolidation du secteur est inévitable,conclut Per Harkjaer. Quant à savoir si elle sera menée par CapVest… »