Abonné

Surgelés/Stratégie Findus mise de plus en plus sur les produits de la mer

- - 5 min

« Nous restons fidèles à notre stratégie de valorisation du poisson et nous orientons de plus en plus vers les plats à base de produits de la mer», a précisé devant la presse, Matthieu Lambeaux, CEO de Findus pour l’Europe du sud et directeur général de Findus France. Les investissements de la société iront en ce sens, notamment dans l’usine de Boulogne sur Mer, qui bénéficiera d’un programme de 10 millions d’euros sur 3 ans. Le dirigeant de Findus veut y voir la preuve de l’engagement du groupe dans les activités en France, alors que l’avenir de la société fait l’objet de nombreuses spéculations quant à un éventuel démantèlement.

Dans un contexte inflationniste fort, Findus se félicite d’avoir connu une croissance également très favorable. Avec 7%, elle est inférieure à celles de 2010 et 2009, respectivement à 7,6% et 7,3% , mais sa part de marché se renforce, avec 7,8%, contre 7,5% et 7,2%, les deux années précédentes. La tendance est tout aussi favorable en 2012, avec une progression de l’activité de 8% sur six mois, et une part de marché à 8,2%. Cette tendance est générale, « le contexte est plutôt favorable pour le surgelé », reconnaît Matthieu Lambeaux. Tous les autres grands acteurs du marché sont en hausse : McCain (5,1% de part de marché), Charal (4,8%), Marie (3,6%), Bonduelle (2,2%) et Iglo (1,6%). Seul Nestlé (5,2% de pdm) fait exception mais cela répond à un choix stratégique d’abandonner certaines activités. La tendance est également à un retour des marques nationales privilégiées au détriment de celles des distributeurs.

Investissement confirmé à Boulogne sur Mer
Matthieu Lambeaux confirme l’annonce faite à l’été dernier d’un investissement de 10 millions d’euros sur trois ans qui permettra la mise en place de deux nouvelles unités de production ainsi que la création de vingt emplois. « Les lignes de production sont arrivées et en cours d’installation pour une mise en service en septembre ». Celles-ci font appel à de nouvelles technologies qui ne peuvent être installées ailleurs et justifieront le rapatriement d’opérations jusque-là menées en Chine, en République tchèque ou dans les pays nordiques. La production du site du Pas de Calais sera ainsi dédiée pour 75% au traitement du poisson nature, contre 45% actuellement, les poissons panés étant actuellement dominants. Findus entend défendre et conforter sa place de leader des marques sur les poissons, nature et panés. Il détient, à fin mai, 28,9% du marché en valeur, devançant largement Iglo (6,0%) et l’ensemble des autres marques (10,6%) mais distancées par les MDD (54,5%), en léger recul.

Diversification vers d’autres produits
Le groupe entend également poursuivre la diversification tant dans les poissons que dans les autres gammes de produits. « Notre axe stratégique est d’être la marque incontournable du surgelé, tous canaux de distribution confondus. Cependant le contexte inflationniste nous oblige à une très grande flexibilité dans les produits offerts et à une grande agressivité », explique Matthieu Lambeaux. Ceci explique la mise en place de nouvelles saveurs et présentations ou formats pour les poissons panés et nature, mais également l’arrivée de la marque dans les segments des snacks, apéritifs et produits festifs. Une nouvelle activité sera ajoutée avec la production d’accras.

Les incertitudes demeurent
Matthieu Lambeaux s’est voulu rassurant devant la presse de l’évolution de la branche qu’il dirige, opérant sur la France et l’Europe du sud. Il en veut pour preuve le succès remporté en Espagne, un marché « catastrophique » mais où Findus a racheté et unifié sous sa bannière deux marques « qui se faisaient la guerre » et connaissent une forte croissance. Il insiste sur le fait que le groupe Findus est organisé en trois zones – Angleterre, nord et sud de l’Europe – n’ayant aucune interactions hormis capitalistiques entre elles. Une mise au point qui vise l’endettement du groupe largement imputable à la Grande Bretagne. Le fonds britannique Lion Capital, propriétaire du groupe, a d’ailleurs clairement séparé ses trois zones pour tenter de les vendre par appartements. Sans succès pour l’instant, Iglo, lui-même détenu par le fonds d’investissement Permira et intéressé par la branche française, étant également dans l’expectative de sa propre vente. Les syndicats de l’usine de Boulogne sur Mer, inquiets pour leur avenir, ont été reçus par le député-maire de la ville, Frederic Cuvillier, nouvellement ministre délégué chargé des Transports, de la Mer et de la Pêche, pour lui faire part de leurs inquiétudes. Celui-ci s’est engagé à réunir tous les acteurs concernés par le dossier pour tenter de faire le point. Matthieu Lambeaux se veut rassurant, insistant sur le fait que « si les nouveaux matériels sont arrivés, ce n’est pas pour fermer l’usine ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.