La Commission européenne devait adopter, le 10 juin, un « plan d’action en matière d’alimentation et d’agriculture biologiques ». Bruxelles entend susciter ou relancer l’intérêt des consommateurs pour le bio par une clarification des normes de la filière, par de vastes campagnes de promotion et par un soutien accru à l’agriculture biologique.
L’ordonnance du docteur Fischler pour les aliments bio comporte 21 mesures. Campagne d’information massive sur plusieurs années, soutien à l’agriculture biologique, renforcement et uniformisation des normes en Europe sont quelques-uns des leviers sur lesquels le commissaire européen à l’Agriculture veut jouer pour dynamiser la demande des consommateurs pour les produits issus de la filière bio. Son « plan d’action en matière d’alimentation et d’agriculture biologiques » devait être adopté et dévoilé par la Commission européenne le 10 juin.
Coup de pouce
Son objectif : faire de la filière bio « l’un des éléments clés de la chaîne européenne d’approvisionnement en denrées alimentaires ». Bien sûr, il l’assure en préambule de son plan, ce sont les consommateurs qui doivent payer le prix de leur choix pour ce mode de production. Le développement de l’agriculture biologique doit être régi « par le jeu du marché ». Pour autant, le détail des mesures préconisées par Bruxelles vise à donner un sérieux coup de pouce à la commercialisation des produits bio. Le plan projette même « d’augmenter » ou tout au moins « conserver » la part de marché actuelle de ces aliments, soit environ 2 % dans l’UE à quinze.
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Pour y parvenir, l’« information » auprès des consommateurs devrait être au cœur du dispositif communautaire. Cela passe par des campagnes de promotion, lancées « à l’échelle européenne (…) étalées sur plusieurs années ». Comme outil de communication, le plan d’action prévoit l’utilisation d’un logo communautaire pour l’agriculture biologique et l’utilisation d’Internet pour véhiculer des messages sur ce qu’est cette filière, ses normes en particulier. Les services européens ont aussi pour objectif d’améliorer les données statistiques du secteur.
Plus de transparence
Franz Fischler souhaite, par ailleurs, faciliter l’accès de la filière biologique à l’aide publique. Une des actions prévues par son plan est notamment de « permettre aux Etats membres de compléter par des aides le soutien communautaire accordé aux organisations de producteurs du secteur des fruits et légumes engagés dans la production biologique. » Mais plus que tout, la Commission estime nécessaire de « préserver l’intégrité » des produits bio. Cela passe par « l’amélioration et le renforcement des normes communautaires » ainsi que par le renforcement des exigences concernant l’importation et l’inspection des produits. Il est, par exemple, envisagé de refuser systématiquement le logo « agriculture biologique » pour les produits contenant des OGM, histoire de ne pas brouiller les pistes pour les consommateurs. Plus que l’accroissement de la transparence sur les règles de la filière, Bruxelles pense incontournable de « compléter et de garantir » les normes, par exemple en « dressant la liste des additifs et auxiliaires technologiques autorisés » ou en réfléchissant à des « normes spécifiques pour les vins biologiques ».