Un « consensus » se dessine en Champagne sur une réserve « collective » visant à encourager les arrachages préventifs contre la flavescence dorée, a indiqué le 13 avril le SGV (vignerons).
« Niveau d’alerte maximum » : en AG le 13 avril, le SGV Champagne a voulu serrer les rangs face à la flavescence dorée. Cette maladie sera « sans doute le phylloxéra du XXIe siècle », selon le président Maxime Toubart. Pour encourager les arrachages préventifs contre cette jaunisse, la Champagne veut augmenter la réserve individuelle des vignerons concernés. Les réflexions menées au sein de l’interprofession « déboucheront d’ici quelques mois », a-t-il déclaré, comptant sur une mise en œuvre pour la récolte 2024. Utile face aux aléas, la réserve individuelle permet au vigneron de « mobiliser toute une récolte de qualité et l’utiliser sur plusieurs années », a rappelé le président. L’idée serait de la compléter en faisant jouer la solidarité quand le vigneron est victime de la flavescence dorée. Comme une sorte de « réserve collective », ceux ayant de la réserve individuelle pourrait en donner une partie à ceux qui n’en ont plus et effectuent de l’arrachage préventif contre la jaunisse. « Un consensus se dégage en faveur (de cette) assurance sanitaire, a indiqué Maxime Toubart. Il s’agit d’un enjeu pour l’avenir de notre vignoble et nous n’avons pas le droit à l’erreur compte tenu de la propagation rapide de la maladie. »
Nouveaux outils de régulation
Le SGV Champagne mise ainsi sur de « nouveaux outils de régulation » face aux aléas. Sur le volet sanitaire, mais pas uniquement. « Nous devons faire en sorte que les réflexions débouchent sur la mise en place d’une assurance sanitaire et climatique », a souligné le président. Ce travail est mené au sein du CICV. L’interprofession planche sur un outil de régulation face aux aléas climatiques, permettant d’augmenter la réserve individuelle des vignerons les plus exposés au risque vu leur situation géographique.
Définie comme « priorité », la flavescence dorée concentre le plus d’efforts. Une campagne de prospection a été menée l’an dernier sur près de 7 500 ha : 4 000 ha en zone délimitée et 3 500 ha en zones indemnes. L’objectif est de l’étendre à tout le vignoble (34 168 ha) dans les cinq ans à venir. Deux raisons à cela : le cépage le plus sensible à la maladie est le chardonnay, largement répandu en Champagne. Et le vignoble est infesté par « le variant le plus épidémique ». Une modélisation concernant cinq communes montre l’ampleur de son essaimage, lié au déplacement des machines agricoles et véhicules : soixante communes sont potentiellement exposées dans les années à venir. Les mesures de lutte en zone délimitée comprennent la prospection obligatoire, l’arrachage des pieds, le nettoyage des machines. Pour compléter l’arsenal, le SGV réfléchit à étendre la prospection obligatoire.