Le SIAL semble connaître sa fébrilité habituelle mais l’offre innovante qui y figure en bonne place apparaît décalée par rapport au « vouloir d’achat » qui est en panne chez les consommateurs, et pas seulement en France. Cet écart entre l’abondance étalée au parc d’exposition de Paris-Nord, faisant de notre capitale un phare sans égal de l’alimentation mondiale, surprend d’autant plus que ce n’est pas d’hier que le moral des acheteurs est au plus bas ; dès le printemps, rappelle Jérôme Bédier, ce fut comme un signe avant-coureur de la crise et le signe d’une inquiétude majeure sur le pouvoir d’achat : les grandes enseignes, et aussi les grandes marques, ont senti le sol se dérober à partir de mars, soit longtemps avant la crise financière de fin août. L’alerte à la décroissance avait été bien perçue par les ménages à cause de la flambée des matières premières et du pétrole. Aussitôt, ils ont opté pour les premiers prix et trouvé beaucoup plus commodes les nombreux magasins de hard discount. Est-ce de la déconsommation ? A l’instar des Américains, nous avons boudé les marques, préféré l’eau du robinet à l’eau en bouteille, et délaissé les restaurants pour nous remettre à faire la cuisine. Que nous promet-on maintenant ? De soigner la maladie financière, mais on devine les ponctions que cela va entraîner sur notre futur pouvoir d’achat. De redonner de l’oxygène aux entreprises qui sont garantes de nos emplois, mais ce n’est pas encore au point : les industriels de l’alimentaire, par exemple, ne sont sûrs de rien sinon que Michel Barnier acquiesce à l’idée de « flécher » les 22 milliards d’euros du plan gouvernemental pour que « les IAA en aient leur juste part ». Combien pour eux alors chez Oséo et sur la place bancaire ?

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