L'entreprise familiale vendéenne a publié ses comptes pour l'exercice 2015. Dans un environnement marqué par la hausse des matières premières et la guerre des prix dans la grande distribution, le groupe a enregistré une baisse de sa marge d'exploitation. L'activité du premier trimestre démarre mollement en France comparé à la même époque de l'année précédente, alors que le poids de l'activité à l'international reste encore faible.
Fleury Michon a annoncé une stabilité de son résultat opérationnel en 2015 à 28,6 millions d'euros. Cette contre-performance s'entend dans un contexte marqué par « une concurrence soutenue entre acteurs de la grande distribution, des coûts d'approvisionnement en hausse, et un renforcement de la part des approvisionnements enjambons d'origine France pour soutenir les éleveurs de la filière porc », explique le groupe dans un communiqué du 6 avril. Sur la base d'un chiffre d'affaires de 757,6 millions d'euros (+7,1%), qui enregistre « une dynamique positive de tous les pôles », précise le groupe, la marge d'exploitation baisse à 3,8 % (contre 4 % en 2014). A noter la performance des ventes à marque Fleury Michon qui progressent de 7,8 % à 611,2 millions d'euros, et la croissance de 6,3 % des activités du pôle GMS France « dans un contexte de quasi stabilité des ventes des produits de grande consommation », souligne encore le groupe. Pour mémoire, Fleury Michon réalise 85 % de son activité en grande distribution. Les dirigeants n'ont pas fait mystère de la dureté des négociations commerciales cette année encore.
STABILITÉ DE LA MARGE NETTE
Corrigé des éléments exceptionnels de la filiale italienne en 2014, le bénéfice net de Fleury Michon gagne 8,9 %àl7 millions d'euros et la marge nette est stable à 2 %. De fait, il sera proposé à l'assemblée générale du 26 mai 2016, de maintenir le dividende àl,2€ par action au titre de2015.
Côté bilan, tout en conservant un niveau d'investissements industriels soutenu à 35,8 M€ soit 4,7% du chiffre d'affaires, l'endettement net reste faible à 58,9 millions d'euros au 31 décembre 2015, contre 60,5 millions un an plus tôt. Le gearing s'améliore à 28,1 % (contre 31,1%).
UN PREMIER TRIMESTRE 2016 MOU
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Le groupe ne donne aucune prévision chiffrée pour 2016, mais l'activité du premier trimestre donne une première tendance. Ainsi, sur les trois premiers mois de 2016, les ventes se sont élevées à 184,7 millions d'euros en hausse de seulement 1,4%, grâce aux ventes à l'international (+29,2% à 12,4 millions d'euros) alors que le pôle GMS France recule de 0,5% à 158,3 millions d'euros. Une faiblesse de l'activité qui rompt avec le dynamisme observé au premier trimestre 2015, où le pôle GMS France avait fait un bond de 8,6%. Evoquant une « année agitée », David Garbous, directeur marketing stratégique, confirmait mi-mars, lors d'une réunion de présentation des innovations, que « la crise du porc avait un impactfort pour Fleury Michon » et de rappeler qu'en «pleine crise du porc, en soutien à lafilière, le groupe a accepté de payer 1,40 €le kilo ». Et sur lejambon, la partie noble qui supporte l'équilibre matière sur l'animal, le groupe évoque une hausse de 12 % depuis juillet dernier. Une hausse d'autant plus difficile à absorber que dans le même temps, certains distributeurs n'ont pas hésité à demander des baisses de prix comprises entre 5 et 7 %. De fait, une des conséquences de cette situation, sachant que Fleury Michon ne veut pas lésiner sur la qualité de ses produits, consiste à réduire la voilure en communication, avec une baisse des investissements de 10 millions d'euros habituellement à 1 million cette année.
DES ANALYSTES POSITIFS POUR 2016
Dans son commentaire sur les résultats de l'exercice écoulé, la société de Bourse Portzamparc maintient son objectif de cours de 70 euros. Si les résultats sont inférieurs à ses attentes, l'analyste relève plusieurs éléments positifs, notamment à l'international. « Le cours du jambon pèsera encore sur le premier semestre, mais le second sera meilleur. En revanche, le Canada devrait continuer à diminuer ses pertes pour arriver à l'équilibre lors de l'exercice 2017 et la croissance à l'international être l'un des principaux drivers de l'exercice à venir », explique Portzamparc, non sans avoir ajusté ses estimations de bénéfice par action à la hausse.
DE NOMBREUSES INNOVATIONS PRODUITS
En attendant, Fleury Michon devrait s'appuyer sur plusieurs nouveautés cette année ,qui arrivent ce mois-ci dans les linéaires. Dans la charcuterie, un marché stagnant, le groupe sort une troisième gamme dans lesjambons de volaille, « un segment à fort potentiel », selon les dirigeants. Un marché de 31 0001, sur lequel l'entreprise détient une part de marché (PDM) de 17,9%. Déjà présent sur les filets de poulet et de dinde, Fleury Michon innove cette fois avec le filet tranché poulet rôti (français) décliné suivant trois recettes (nature, barbecue et curry). Des nouveautés arrivent également dans lejambon de Paris, les aides culinaires et la salaison, mais aussi dans le traiteur de la mer. Côté plats cuisinés, l'entreprise vendéenne qui revendique la troisième place sur les produits de snacking à marques, avec 11,7 % PDM, derrière Charal et Sodebo, propose une formule repas « tout en un » avec un plat (trois recettes différentes), accompagné d'une tartelette Bonne-Maman et d'une compote Materne. « Le marché du snacking, avec un taux de pénétration de 29 %, a encore un fort potentiel devant lui, comparativement au sandwich qui està38 % de pénétration », ont souligné les dirigeants. Fleury Michon qui s'en sort bien sur ce marché face à la concurrence, grâce à ses innovations notamment, met en avant l'effet en cascade de la guerre des prix, tant sur les repères prix faussés des consommateurs que de la difficulté des innovations à se faire une place dans les rayons.